Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Sosie(s) - 5.0 Ko

Projets 2015

LES BANCS PUBLICS - Marseille [ Spectacle vivant ]

Sosie(s)

Création pluridisciplinaire partagée - Mise en œuvre d'ateliers avec un groupe d'adolescents d'origine comorienne qui pratiquent une danse traditionnelle héritée du soufisme, le Debaa. Cette création s'inscrit dans la continuité de précédentes expériences menées depuis 2013 spectacle de Salim Hatubou : Kara' une épopée comorienne avec Julie Krestzschmar ils réunissaient un groupe de jeunes femmes d'origine comorienne vivant à Marseille avec des acteurs professionnels. A partir de ce groupe Julie Krestzschmar invite ce groupe de femmes avec de nouvelles femmes à déployer un imaginaire à partir du Debaa, danse rituelle et communautaire qui rythme les fêtes et les cérémonies comoriennes à Marseille.
Par le prisme de la création artistique, le projet à vocation à inscrire une pratique traditionnelle dans un autre registre, celui de la danse contemporaine. Cette pratique exclusivement féminine, entretenue par des jeunes françaises, témoigne d'une acuité spontanée à jouer des passages entre les codes culturels dominants européens et les pratiques qui relient aux origines.
Le spectacle Sosies or not sosies engage à se mettre en dialogue avec nos représentations de l'altérité culturelle, nos outils d'appréhension intellectuels et émotifs de la question religieuse, de la porosité des pratiques traditionnelles et rituelles avec un environnement laïque qui peut parfois tendre à neutraliser leur visibilité.

Intervenants : Mise en scène et direction artistique, Julie Kretzschmar ; Photographe Pascal Grimaud, auteur littéraire Jean-Luc Raharimanana.

Territoires concernés : Belle de mai, Bellevue, Saint Mauront, la Castellane, Kallisté, Les Rosiers, Le Canet, Jean-Jaurès- Marseille.

Durée du projet : septembre 2015 à octobre 2016.

Principaux partenaires : ADDAP 13, Pôle d'insertion 13/14 et une partie des participantes de « Kara' une épopée comorienne ».


LES AUTEURS

Un projet de Julie Kretzschmar de la Cie l'Orpheline a une épine dans le pied
collaboration chorégraphique Balkis Moutashar   
écriture Jean-Luc Raharimanana

La Cie L'orpheline est une épine dans le pied

Créée en 2001, la compagnie l'Orpheline est une épine dans le pied est installée à Marseille et liée aux Bancs Publics - lieu d'expérimentations culturelles. Metteur en scène associée, Julie Kretzschmar, assure la direction artistique du projet.
Elle a conçu jusqu'en 2007 une série de spectacles marquée par une écriture de plateau détachée d'un rapport au texte de facture théâtrale, en y associant des musiciens issus du chant lyrique et de la musique improvisée et quelques artistes polyvalents dont des vidéastes. Les textes et auteurs à partir desquels se sont écrits ces spectacles appartiennent au champ de la recherche sur le langage et la langue. En affirmant une identité marquée par l'univers photographique et cinématographique, en construisant des scénographies conçues comme des espaces plastiques et sonores abstraits, la compagnie ancre désormais son travail à des textes issus de la littérature francophone, textes écrits pour le plateau ou écritures romanesques.
Cette attention portée à la littérature contemporaine francophone croise une démarche dont certains sujets ou traitements formels empruntent au théâtre documentaire, sans s'y laisser enfermer. Elle s'est surtout arrimée à des écritures qui traitent des questions nord-sud, des rapports post-coloniaux et des communautés. Par le biais de commandes ou d'un travail d'adaptation partagé, la compagnie produit des spectacles directement issus de rencontres, nourris des résidences de recherche faites à l'étranger avec un auteur.
Depuis 2009, la compagnie s'est structurée autour d'une équipe de création qui suit et accompagne chaque projet, participant à l'affirmation d'une identité esthétique et sensorielle : Camille Mauplot, créateur lumière et Claudine Bertomeu, architecte et scénographe ainsi que Sharmila Naudou, collaboratrice.

Julie Kretzschmar

Comédienne et metteur en scène formée au Conservatoire d'Art Dramatique de Montpellier, elle fonde la compagnie l'Orpheline est une épine dans le pied en 2000. Les créations de la compagnie contribuent à nourrir la dimension internationale du lieu qu'elle dirige, Les Bancs Publics et notamment la direction d'un festival de création Les Rencontres à l'échelle. Deux composantes majeures de son identité sont un lien ténu avec des auteurs et la valorisation de textes inédits et des équipes réunissant des artistes porteurs de différentes traditions théâtrales.
Titulaire d'un doctorat de Droit public général l'université de Montpellier, Julie Kretzschmar a travaillé entre 1996 et 2000, en tant que juriste pour des structures spécialisées dans la défense du droit des personnes étrangères. Elle a coordonné un projet de coopération sur la réforme du code de la famille avec des associations marocaines en effectuant plusieurs missions à Casablanca. Puis, elle a pris la décision de retrouver un chemin professionnel plus strictement artistique tout en dépliant cette connaissance des problématiques liées à l'intégration.
En posant l'altérité comme point de départ d'un imaginaire du monde, la compagnie s'appuie sur des narrations - commandes passées à des auteurs, travail d'adaptation mais également recueil de paroles documentaires - qui engagent à découdre les stéréotypes de nos rapports Nord Sud, en faisant entendre des voix singulières de la « littérature monde ». Une littérature affranchie de tout pacte colonial, porteuse de langues qui disent notre monde en devenir. Elles sont les vecteurs de création qui sont expérience sonore et sensible et interpellation de chacun sur ses représentations des histoires et des géographies.
A partir de 2006, la compagnie inaugure un cycle de création autour des liens migratoires qui unissent les villes d'Alger et Marseille, donnant naissance à des séries de formes hybrides et deux mises en scène pluridisciplinaires dans lesquelles interagissent témoignages vidéo, jeu d'acteurs et création sonore.
De ce lien avec la scène artistique algéroise, s'ensuivra une étroite collaboration avec l'auteur Mustapha Benfodil avec lequel elle travaille depuis 2009, aussi bien en Algérie qu'à Marseille. Elle poursuit ce travail jusqu'à ce jour en associant des auteurs au processus de création.
Kara' Une épopée comorienne, le dernier projet de la compagnie qui associe une quinzaine d'amateurs à une équipe internationale, a confirmé la fidélisation de quelques postes clefs au sein de la compagnie. Elle travaille avec une équipe fixe (éclairagiste, scénographe, régie plateau et production) et y associe des acteurs étrangers qui vivent dans leur pays (Algérie, Comores, Burkina Faso). L'écriture et la production des projets s'amorcent au cours de résidences à l'étranger (avec le soutien de l'Institut français et des services d'ambassade sur place) en amont des créations. Elles connaissent une diffusion à l'international (Tunisie, Algérie, Egypte, Comores).
Depuis 2002, elle est directrice artistique des Bancs Publics - lieu d'expérimentations culturelles, qui organisent notamment un festival pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine, Les Rencontres à l'échelle, et mènent un projet au long cours d'accompagnement de projets artistiques croisés entre des artistes des pays de la rive Sud et des artistes français.


LE PROJET & LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Ce spectacle restitue une expérience : celle d'une rencontre entre une équipe artistique et un groupe de femmes issues de la diaspora de l'archipel des Comores, articulée autour d'une pratique rituelle et communautaire le Debaa. Cette danse est le prétexte à faire cohabiter des gestes hérités et des mouvements chorégraphiques une écriture poétique et des mots plus quotidiens. 

« Étrangère malgré la même enfance passée sur le même sol. Étrangère malgré la familiarité des paysages imprimés dans les souvenirs. L’errance convient aux gens qui ont des racines, elle devient libre voyage, sans but ni horizon contraignant, l’errance est perdition pour ceux qui ne savent pas où revenir. J’ai erré dans Marseille mais quand j’ai voulu faire demi-tour, il n’y avait plus de chemin. Repartir est délicat quand revenir n’est plus possible. » Jean-Luc Raharimanana

Danse rituelle, le Debaa rythme les fêtes et les cérémonies comoriennes, ici à Marseille et dans l’océan Indien. Depuis cette danse, ce sont les va-et-vient entre le je et le nous, entre le singulier et le collectif qui traversent cette restitution publique au sortir d’une année d’ateliers réguliers avec une dizaine de femmes issues de la communauté comorienne.

Situé dans l'Océan indien, l'archipel des Comores possèdent une tradition musicale et chorégraphique caractérisée par une multitude de formes qui sont le résultat d'influences diverses, aussi bien africaines, malgaches, arabes, asiatiques, indiennes, qu'européennes. Parmi ces pratiques, le Debaa, exprime au mieux la richesse de ce métissage.
Art d'inspiration soufi, le Debaa est un répertoire de chants et de danses pratiqué uniquement par les femmes qui chantent en dansant une chorégraphie d'un raffinement hors pair, séduisante et envoûtante. Exécutée sur place et parfaitement à l'unisson, cette danse mobilise principalement le haut du corps et les bras.
Le Debaa est réalisé à l'occasion de mariages, de commémorations, d'assemblées villageoises, et de célébrations rituelles.
Tout au long de l'année, lors de rencontres entre groupes de différents villages, cette expression musico-chorégraphique devient une véritable compétition
féminine, où l'art du paraître joue un rôle fondamental.
À Marseille, la pratique du Debaa est très répandue. Lors des nombreux concours organisés tout au long de l'année au cours desquels les groupes redoublent de créativité et d'inventivité, chaque quartier est représenté par son chœur de debaa : Félix Piat, la Marine Bleu, les Rosiers, Kallisté, Arenc, Bougainville, etc. 

En 2013, à l'occasion de Marseille Provence 2013 - Capitale Européenne de la Culture, la compagnie L'Orpheline est une épine dans le pied crée à Marseille Kara' une épopée comorienne en plein air, u Parc du Grand Séminaire à Marseille (14e).
En septembre 2014, 2 représentations sont programmées en Grande Comore et à Mayotte. Le spectacle est ensuite recréé à Marseille en octobre à la Friche la Belle de Mai.
Ce projet a permis de tisser et de structurer des liens à Marseille et aux Comores avec de nombreux interlocuteurs. Il a bénéficié d'une large visibilité à Marseille et dans l'archipel, tant auprès de la communauté comorienne de Marseille, que du public et des professionnels du théâtre et de la culture. 


LA FICHE TECHNIQUE

Un projet de Julie Kretzschmar
collaboration chorégraphique Balkis Moutashar   
écriture Jean-Luc Raharimanana
avec Lénaïg Le Touze
et Charifa Abasse, Dahabia Ahamada, Mélissa Assani, Rahimina Bacar, Zalafa Ibrahim, Saandati Mpidoihoma, Amina Said, Nadhuimati Sidi Said et Oumi Yahadji
musique Aurélien Arnoux
lumières Camille Mauplot
images Pascal Grimaud

Les partenaires :
Avec le soutien de la DRJSCS/DRAC PACA (dispositif Identités, Parcours & Mémoire), de la Fondation Abbé Pierre, du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône (dispositif 13 en partage) et de la Friche la Belle de Mai.
Accueil studio : La Liseuse / Georges Appaix et Cie L’Entreprise.


L'AGENDA

Représentations publiques :
samedi 10 décembre 2016 à 15h et à 18h
durée des ouvertures publiques : env. 50 min.
tarif : 5 euros
lieu : Friche la Belle de Mai - Petit Plateau - 41 rue Jobin -13003 Marseille
Réservations : 04 91 64 60 00 - lesbancspublics.com - lafriche.org

La table ronde :
samedi 10 décembre 2016 à 19h en entrée libre (Petit Plateau de la Friche la Belle de Mai)
Comment la création contemporaine éprouve l’interculturalité ?
Avec Elena Bertuzzi, chorégraphe, choréologue et chercheuse en ethnologie de la danse, Moïse Touré et Julie Kretzschmar, metteurs en scène.
Animée par Samia Chabani, déléguée générale de l’association Ancrages.


LES CONTACTS

Les Bancs Publics
Friche la Belle de Mai
41 Rue Jobin
13003 Marseille
04 91 64 60 00
lesbancspublics.com
lesrencontresalechelle.com


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