Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Récits des îles de lune - 5.0 Ko

Projets 2012

LES BANCS PUBLICS - Marseille [ Spectacle vivant ]

Récits des îles de lune

LES AUTEURS

L'EQUIPE ARTISTIQUE
Julie Kretzschmar
, comédienne et metteur en scène formée au Conservatoire dʼArt Dramatique de Montpellier, fonde en 2001 la compagnie lʼOrpheline est une épine dans le pied, compagnie associée aux Bancs Publics à Marseille. Depuis 2006, la compagnie mène un cycle de création autour des liens migratoires qui unissent les villes dʼAlger et Marseille, donnant naissance à deux mises en scène pluridisciplinaires dans lesquelles interagissent témoignages vidéo, jeu dʼacteurs et création sonore.
Elle a initié une collaboration avec Mustapha Benfodil en 2009, notamment à partir dʼune adaptation de son roman "Archéologie du chaos (amoureux)", déclinée sous plusieurs formes de lectures données à Marseille et en Algérie (2010). En 2011, elle créé "De mon hublot utérin je te salue humanité et te dis blablabla" au Théâtre des Salins, Scène Nationale de Martigues. Depuis 2002, elle est directrice artistique des Bancs Publics, qui organisent notamment un festival pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine, les Rencontres à lʼéchelle, et mènent un projet au long cours dʼaccompagnement de projets artistiques croisés entre des artistes des pays de la rive sud et des artistes français.

Salim Hatubou, collecteur de contes, conteur et écrivain franco-comorien né le 20 juin 1972 à Hahaya, en Grande-Comore. Il s'installe dans les quartiers Nord de Marseille au début des années 1980. Adolescent, il écrit des nouvelles et des articles, publiés dans diverses revues et magazines. Son premier ouvrage, Les Contes de ma grand-mère, parait en 1994 aux éditions L'Harmattan. Depuis de nombreuses années, il effectue un très important travail de collectage et dʼécriture autour des contes traditionnels des Comores. Sa bibliographie compte près de vingt-cinq ouvrages (contes, romans, poésie, récits), édités tant en collections "adultes" que "jeunesse".
En 2007, il remporte le Prix Gros Sel Diamant pour lʼouvrage "Comores-Zanzibar" (Préfaces de Ken Loach et d'Alain Mabanckou, photographies de Jean-Pierre Vallorani), déjà soutenu par "Identités, Parcours et Mémoire".

Damir Ben Ali
, anthropologue, fondateur et ancien directeur du CNDRS (le Centre de Documentation et de Recherche Scientigique) a été le président de la nouvelle université des Comores. Il est l'auteur de plusieurs articles sur l'histoire et la tradition des Comores et de lʼouvrage Musique et société aux Comores édité aux éditions Komedit.

Sharmila Naudou, comédienne et metteur en scène se forme à lʼEcole Régionale dʼActeurs de Cannes dont elle sort en 2003, après avoir joué dans des mises en scène dʼAlain Béhar, de Nadia Vonderheyden et Jean-François Peyret. Elle devient ensuite lʼassistante de Xavier Marchand avec lequel elle crée Marseille-Comores (au Merlan, Scène Nationale de Marseille). Dans le cadre de ce projet, elle mène des ateliers avec des enfants de la cité des Rosiers. En raison de la place prépondérante du conte dans lʼimaginaire comorien, les ateliers se déploient autour de ce thème.
Avec Xavier Marchand, elle crée également Jʼai toujours un livre dans la boîte à gants, et participe à la conception de Il était une fois Germaine Tillion en 2009 (Théâtre National de la Criée). En 2006, elle met en scène La nuit panique lors du festival Panique! au Théâtre Denis à Hyères, puis en 2007, Hiver de Jon Fosse aux Ateliers de Mars à Marseille. En 2007 elle crée la compagnie Träumerei, au sein de laquelle elle met en scène Elle criait tout bas, une adaptation du conte de Barbe bleue.
Elle collabore depuis 2009 aux projets de la compagnie lʼOrpheline est une épine dans le pied (Terra Cognita, Les Bancs Publics, 2010, De mon hublot..., Théâtre des Salins, Scène Nationale de Martigues, 2011).

Didier Nadeau, photographe depuis 1994 sʼest formé auprès dʼAlain Fleig à lʼÉcole des Beaux-Arts de Poitiers.
• Projets en lien avec les Comores :
En Juillet 2004, il coordonne le projet Le banga du Mʼouzoungou. Ce travail, inspiré de la tradition comorienne du banga – case construite par les garçons en âge de se marier - a été réalisé à la galerie 200RD10, dans le cadre du festival Arborescence à Vauvenargues, avec des adolescents de la cité des Rosiers.
Il est ensuite missionné par le Centre Social des Rosiers sur le projet "Faire avec", pour une réflexion sur les espaces extérieurs en collaboration avec lʼassociation Télescopage. Toujours aux Rosiers, il organise en 2008 les journées de lʼarchitecture pour les 50 ans de la cité. En juillet 2009, il participe au festival des Arts et du Savoir proposé par ATD-Quart Monde. A lʼoccasion de ces nombreux séjours aux Rosiers, il a réalisé un reportage vidéo et photographique sur le quartier.
En 2010, il est associé à la résidence de lʼauteur et metteur en scène comorien Soeuf Elbadawi aux Rosiers et à Kallisté dans le cadre du projet coordonné par les Bancs Publics Pitsha la manga kalina udowo.
• Ateliers en milieu scolaire :
Il dirige régulièrement des ateliers en milieu scolaire, notamment le projet "Parenthèses" réalisé in situ dans le collège les Matagots en partenariat avec le CAUE (Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement), le FRAC PACA et les ateliers de l'image, exposition au CRDP en Juin 2011.
• Expositions, films, publications :

En 2004, il expose une série de photographies sur le passage de Lorette à Marseille. Intitulé Où vas-tu Lorette ?, ce travail est notamment présenté au cinéma Les Variétés. En 2005, son exposition Naissance au cœur de lʼargile aux ateliers Thérèse Neveu à Aubagne fait lʼobjet dʼune publication. En janvier 2008, il expose Mémoire dʼabeille à la galerie du port de la Ciotat, un travail visuel et sonore réalisé à la cité de lʼabeille à la Ciotat.
En 2011, dans le cadre dʼune commande, il réalise avec Nicolas Gerber le film de promotionnel de l'Ecole centrale Marseille. Il vient de réaliser la série photographique "Marseille en personnes" déposé à la SCAM Avril 2012.
De décembre 2011 à février 2012 : Exposition Collective avec Suzanne Hetzel, Danièla Kapralova, Pavel M.Smejkal à la galerie ART centrum (Kosice - Slovaquie) dans le cadre de Second Cities.

Nicolas Gerber
Compositeur, performeur et cinéaste, il inscrit sa pratique de lʼenregistrement et de la lecture - composition & montage - au coeur dʼune réflexion sur lʼart et la société. Explorant tout type de support (art process, pièces sonores, cinématographiques et vidéographiques, art performance, musiques de film, musique improvisée, écrits, collages...), il expose et performe régulièrement en France et a lʼétranger.
Depuis 1998, il est également directeur du label Objet Direct présentant un catalogue de créations contemporaines. Il collabore au travaille de la compagnie lʼOrpheline est une épine dans le pied comme créateur son depuis 2011 (De mon hublot...).
Ses œuvres principales sont Objet dʼart (2006), les principes de manœuvres dʼune mètre fantôme (2007), la disparition/absence de projet (2008), action/contraction (2008), French Kiss (2009) et Gin Sekaï (2010).


L'OEUVRE & LE RAPPORT A IPM

Récits des Iles de lune est un projet pluridisciplinaire qui aboutit à une création théâtrale menée par une équipe franco-comorienne en juin 2013. Elaboré à partir de commandes dʼécritures passées à des auteurs francophones mahorais et comoriens, il repose outre sur un calendrier de répétitions classique, sur la mise en place dʼune série dʼateliers avec des amateurs appelés à co-construire la forme artistique.
La participation du public, et notamment la collaboration et la sensibilisation de la communauté comorienne implantée à Marseille, est travaillée tout au long du processus de création. Une série de rendez-vous publics de différente nature ponctue le calendrier jusquʼà la création du spectacle. Celui-ci a vocation à être créé en extérieur, dans le cadre de la capitale culturelle, à lʼoccasion de lʼinauguration dʼun nouvel équipement situé dans les jardins de la Mairie des 13ème et 14ème arrondissements, le Porte voix (Planète émergences). Le sujet qui est le fil rouge de ce projet protéiforme est la mise en fiction dʼun récit historique, partant dʼune proposition de lʼauteur Salim Hatubou en collaboration avec un universitaire comorien, Damir ben Ali. Il sʼagit de fouiller un épisode historique fondateur de lʼhistoire contemporaine de lʼarchipel des Comores, la guerre qui a opposé les deux sultanats de Grande Comore à la fin du 19ème, qui a largement favorisé lʼimplantation française dans lʼarchipel. Ce travail sur la mémoire et sur la transcription dʼun héritage oral sʼancre dans une volonté de valorisation et de mise en partage de la culture et de lʼhistoire des Comores.

EN PREAMBULE
Les Bancs Publics ont produit en 2010 le projet Pitsha la manga kalina udowo - Lʼimage de lʼailleurs ne se vit pas dans le miroir, fruit dʼune résidence partagée entre lʼauteur et metteur en scène comorien Soeuf Elbadawi et le photographe Didier Nadeau à Kallisté (15ème) et aux Rosiers (14ème).
Le projet Récits des Iles de lune sʼinscrit dans un prolongement de ce travail qui a consisté à accompagner et coordonner une résidence dʼécriture de Soeuf Elbadawi dans deux copropriétés des quartiers Nord, Kallisté et les Rosiers. La proposition tenait à imaginer une fable bilingue écrite et mise en scène sur les "rêves dʼailleurs", à partir de ses rencontres avec les habitants dont il recueillait les témoignages.
Ce travail dʼordre littéraire a été accompagné et relayé par celui dʼun photographe, Didier Nadeau, qui a participé à cette résidence et proposé la réalisation de journaux muraux affichés dans les deux quartiers.
La résidence a abouti à lʼécriture dʼune fable, support à la mise en scène dʼun spectacle dont le sujet portait sur les représentations et le vécu de la communauté comorienne. La forme présentée les 20 et 21 novembre 2010 rassemblait comédiens professionnels et amateurs des deux quartiers, associés à titre individuel ou collectif (notamment les groupes de femmes regroupées autour de la pratique du chœur traditionnel, une association culturelle de Plan dʼAou, etc.).
Ce projet a nécessité de tisser et de structurer des liens à la fois à Marseille mais aussi aux Comores avec un certain nombre dʼinterlocuteurs et dʼimaginer des prolongements à ce travail.

Le processus de création est articulé sur une arborescence qui associe production théâtrale professionnelle, pratique amateur et différentes actions de sensibilisation et de médiation.

ENJEUX DʼUN PROJET DE CREATION AXÉ SUR LA VALORISATION DE LA CULTURE COMORIENNE
Les différentes strates de fabrication de la forme théâtrale finale mettent en œuvre un processus qui a vocation à être mis en partage avec les personnes rattachées à la communauté comorienne, mais bien plus largement à essaimer dans Marseille un travail de médiation avec des groupes diversement constitués (amateurs, collectifs dʼhabitants, usagers de centres sociaux, associations, écoliers, collégiens et lycéens).
La démarche sʼinscrit dans une double spatialité, à savoir dans celle dʼun aller retour incessant entre une culture dʼorigine (comorienne) et une composition / recomposition identitaire en situation migratoire (à Marseille), et a vocation à travailler à lʼintersection de ce mouvement.
A Marseille, de part lʼimportance de la présence de la communauté comorienne et le contexte migratoire, la pertinence de ce projet revêt une dimension singulière. Il vise en partie à accompagner la préservation dʼun patrimoine immatériel, à valoriser et transmettre une tradition orale (voir infra le descriptif des ateliers). La démarche poétique et théâtrale se double par ailleurs dʼune volonté de vulgariser un épisode fondateur de lʼhistoire contemporaine des Comores, épisode pas ou peu enseigné ici et aux Comores.
Récits des îles de Lune est structurellement un projet participatif, qui vise à travailler à partir et avec la culture comorienne telle quʼelle est vécue et pratiquée à Marseille, avec donc des personnes qui appartiennent à la communauté comorienne de par leurs origines comme avec un public de personnes (spectateurs, habitants, enseignants et groupes scolaires etc.) qui partage une part de leur quotidien avec elles.
Parce que parler de là-bas ici et dʼici là-bas suppose un échange réel et direct, une mise en partage et une confrontation des imaginaires mutuels, une part du projet est consacrée à une mise en lien effective des habitants de Marseille et de lʼarchipel. Ces allers-retours se matérialisent par la réalisation dʼun projet de correspondance photographique entre des établissements dʼenseignement pour la production dʼune matière visuelle et textuelle "épistolaire" entre Marseille et les Comores et ainsi stimuler des imaginaires en miroir (voir descriptif en infra).

Ce projet coordonne différentes facettes :
- il sʼinscrit dans des allers-retours permanents entre Marseille et les Comores, entre un territoire vécu, un territoire imaginé/fantasmé, un territoire raconté,...
- à travers les textes supports de la forme théâtrale, il propose une mise en perspective historique. Dimension relayée notamment par des ateliers et un travail spécifique avec des établissements dʼenseignement,
- il questionne la place de la culture comorienne à Marseille, les appartenances multiples, la composition identitaire individuelle et collective en contexte migratoire,
- il repose sur un important travail de médiation en direction de publics spécifiques.


L'AGENDA

Mai 2012 : Mission de coordination en Grande Comore et à Mayotte
Comme pré-requis indispensable à lʼaccompagnement de ce projet, et dans la lignée de lʼexpérience à lʼinternational de la structure (projets avec lʼAlgérie depuis 2006): lʼappréhension du contexte, lʼenvironnement de cette production, la mise en place de repères et de mises en partage avec des opérateurs locaux, les intervenants et artistes envisagés pour prendre part à ce projet.
Sur le plan du montage artistique, cette mission est destinée à la constitution de lʼéquipe artistique, au choix des artistes de lʼarchipel invités à participer au projet. Les Bancs Publics assurent la coordination de ce projet et Julie Kretzschmar, metteur en scène et directrice artistique du lieu, est spécifiquement en charge de sa coordination artistique.
Ce séjour a également vocation à évaluer la faisabilité et lʼopportunité dʼune résidence confiée à un professionnel du son destinée à un recueil sonore et au traitement dʼarchives radiophoniques encore disponibles.
Un certain nombre de précisions relatives aux artistes associés au projet pourront être apportées au retour de ce séjour, à compter du 15 mai 2012.

Mai / Décembre 2012 : Commande dʼécriture à 4 auteurs francophones comoriens et mahorais dont Salim Hatubou et Damir Ben Ali en résidence dʼécriture à Marseille en novembre 2012 pour la production dʼun texte.

Novembre 2012 : Première résidence de travail - Présentation publique
- Première résidence de travail autour des textes avec les artistes comoriens et français.
- Présentations publiques dans le cadre de la septième édition des Rencontres à lʼéchelle, qui pourront prendre la forme de lectures mises en espace.

Novembre 2012 / Mai 2013 : Parcours de découverte des Comores (interventions et conférences poétiques)
Des opérations de médiation et de sensibilisation seront menées dans le cadre dʼinterventions en collèges et par le biais dʼune série de conférences poétiques proposées dans plusieurs lieux partenaires.

Septembre 2012 / Juin 2013 : Ateliers de création
- Ateliers de création participative avec des groupes dʼamateurs (Chœur de femme de Kallisté, association culturelle du Plan dʼAou,...)
- Correspondances photographiques entre des établissements dʼenseignement à Marseille et aux Comores.

Mai / Juin 2013 : Création
Résidence de création à Marseille et création du spectacle mis en scène par Julie Kretzschmar, associant amateurs et professionnels dans le cadre de la capitale culturelle.
- 13-14 juin 2013 : représentations au Parc du Grand Séminaire - 72 Rue Paul Coxe - 13014 Marseille


LES CONTACTS

LES BANCS PUBLICS - lieu d'expérimentations culturelles
3 Rue Bonhomme
13003 Marseille
T. 04 91 64 60 00
lesbancspublics.com
contact@lesbancspublics.com


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