Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Terres arbitraires - 7.0 Ko

Projets 2011

ZINC - LA FRICHE BELLE DE MAI - Marseille [ Audiovisuel ]

Terres arbitraires

L'AUTEUR

À Marseille, c’est ZINC, producteur "arts et cultures numériques", installé depuis plus de 10 ans à la Friche la Belle de Mai, qui accompagne le projet.
Parmi ses activités, ZINC valorise et accompagne les œuvres et les formes artistiques avec ces outils et met en œuvre des modes de production avec les artistes. En coopération avec d’autres opérateurs culturels, il participe à développer de la dimension culturelle et créative des pratiques numériques, anime et coordonne des réseaux d’acteurs en Méditerranée.
ZINC accueille les artistes en résidence, produit des projets artistiques, développe des ateliers de créativités et inscrit son travail sur les territoires qu’il investit. Nicolas Clauss chemine de cette manière avec ZINC depuis plusieurs années, et Terres arbitraire est la suite de cette complicité.

Né en 1968, Nicolas Clauss, peintre autodidacte, pose les pinceaux en 2000 pour se consacrer exclusivement à la toile du net et aux projets multimédia. Cofondateur du site lecielestbleu.com, il crée son propre espace de création, le site flyingpuppet.com en 2001. En même temps qu'il obtient un DEA en psychologie sociale expérimentale et une licence en art et technologies de l'image (ATI), il expose ses tableaux dès 1989, seul (Galerie Arnoux à Paris, Centre Culturel Français de Séoul et Seoul International Art Fair en Corée, Crawford Gallery, Beatty Gallery et Sidney Art Theater en Australie) ou en collectif (Grands et Jeunes d'Aujourd'hui et Réalités Nouvelles au Grand Palais à Paris, Howard Leonard Gallery et Savah Gallery en Australie, Gana Art Center en Corée, etc...).

Dans ses travaux multimédia, il continue à fabriquer des univers où l'épaisseur de la croûte ne néglige pas pour autant les effets de transparence. Le mouvement du spectateur y prolonge souvent le geste du peintre. Sur Flying Puppet, il conçoit et réalise plus de 60 modules interactifs on-line, souvent en collaboration avec des musiciens (Jean-Jacques Birgé, François Baxas, Denis Colin, mais aussi Patricia Dallio, Pascale Labbé, Thomas Le Saulnier, Jean Morières, Hervé Zénouda).

Passionné par la danse, il est nominé au Möbius 2001 pour Danse !
(DadaMedia), crée Soaring Steps pour la BBC-On-line et réalise Somnambules avec Jean-Jacques Birgé, un projet de chorégraphie interactive qui sera primé à plusieurs reprises. Pour la marque de vêtements Diesel, ce sont les tableaux interactifs DeepSea et Temptation. Lors d'une résidence d'artiste à l'ECM des Mureaux, il réalise le projet web Cinq Ailleurs à partir de témoignages d'immigrés. Depuis, il multiplie les projets en résidence, les interventions pédagogiques autour de son travail (l'Ecole des Gobelins, Help Institute de Kuala Lumpur ou encore l’ESAD de Pau et l’ENSAD de Strasbourg) et des conférences-performances (Musée Tamayo à Mexico, Centre Pompidou, Cité du Livre d'Aix-en-Provence, Le Cube...).

Son travail est montré dans des expositions
, en France (Villette Numérique, Espace Paul Ricard, La Maison des métallos, VidéoFormes, Le Cube, La Friche Belle de Mai, Arte.tv...), en Amérique (Boston Center for the Arts, Revue digitale Chair-et-métal, Naqoyqatsi / Miramax, ATHICA / Athens Institute of Contemporary Art, SoftForm / Toronto Propeller Gallery / Musée d'Art Contemporain Tamayo, Mexique / 404, Argentine / File, Brésil...), en Allemagne (A Virtual Museum, Java Museum, Free Manifesta, FilmWinter, Stuttgart...), aux Pays-Bas (MAFF), en Suisse (Festival VIPER Basel), en Angleterre (Digital Pocket Gallery, Liberarti), en Corée (Hexa Media Festival, Seoul Museum of Art), au Japon (Japan Media Art Festival), en Tchéquie (Violens Festival Tabor), en Turquie (Istanbul Contemporary Art Museum)...

Depuis il a réalisé de nombreuses œuvres participatives (sites et installations) : jai10ans.com, delartsijeveux.com, Les Portes (avec Jean-Jacques Birgé), L'ardoise, Un palpitant, Or not toupie, Les musiciens...

Ses travaux ont reçu de nombreux prix, notamment :
- Vidéoformes Prix de la Création Nouveaux Médias – 2008

- Prix Ars Electronica Honorary Mention (Net Vision) - 2004
– 1er Prix Net Art France Telecom R&D / Oone au Festival Art Rock de St Brieuc - 2004
- Second Prix à WebArt project, Montenegro – 2004
- Ciberart Bilbao Honorific Award for the Best Multimedia Project - 2004

- Vidéoformes Prix de la Création Nouveaux Médias – 2004
- Prix SACD de la Création Interactive – 2004
- ThirdPlaceGallery (SONY) Reward – 2003
- Prix Spécial du Jury du Seoul Film and Net Festival - SENEF - 2003
- Flash Festival Prix Spécial du Centre Pompidou – 2002

- Prix SCAM Internet – 2002
- Prix Net-Art à la Villette Numérique - 2002


L'OEUVRE

Terres arbitraires est une installation vidéo immersive et générative qui explore les représentations des "quartiers populaires" et de leurs habitants. Il place le spectateur au centre d’un dispositif visuel et sonore qui le confronte à des portraits vidéo (près de 300), ralentis et muets de jeunes habitants de ces quartiers. A ces visages, à ces corps mis en scène, qui s’adressent directement  à la caméra et donc au spectateur, vient se superposer un flux sonore fait d’ambiances et de bribes de discours médiatiques, politiques et sociologiques produits autour de ces quartiers.

Le dispositif est modulable. Il est constitué d’un ensemble de moniteurs de différents formats et de différentes tailles, d’images vidéoprojetées et d’un système octophonique de diffusion sonore. L'ensemble des images et des sons suit une partition semi aléatoire exécutée par un ensemble d'ordinateurs en réseau.


La diffusion octophonique du matériau sonore s’articule avec la diffusion des images, jouant notamment sur la spatialisation et la diffusion circulaire du son.

Les portraits ont été filmés à Evry, Roubaix, Marseille, Mantes-la-Jolie ou encore Montreuil.

L’histoire du projet :
En 2009, une nécessité s’impose à Nicolas Clauss : après presque une décennie à fréquenter de nombreux quartiers populaires, la dégradation d’une situation politique et sociale de plus en plus critique l’amène à revenir sur la spécificité et la complexité de ces territoires.

Avec le soutien du Théâtre de l’Agora à Evry, il met au point une résidence pour rencontrer, de façon informelle et avec des complices locaux, des habitants du quartier des Pyramides à Evry, pour réfléchir à une oeuvre qui traite de la représentation de ces quartiers.

De cette réflexion, il pense un dispositif sensible proposé au spectateur comme une expérience esthétique, immersive, sonore et visuelle dont l’objectif est de faire coexister une diversité de regards, de propos et de points de vue. Un dispositif qui met en scène, en espace et en perspective des corps filmés, des regards confrontés aux différents discours idéologiques, politiques et médiatiques que ces territoires continuent de susciter.

Des Pyramides d’Evry aux quartiers marseillais, écriture visuelle et écriture sonore
Pour Nicolas Clauss, il s’agit aujourd’hui de continuer l’écriture du projet dans sa forme et son contenu.
L’écriture se construit sur trois axes :
- le matériau visuel (intégrant notamment des éléments textuels),
- le matériau sonore
- l’installation de l’œuvre dans l’espace et la circulation des contenus à l’intérieur de cette scénographie générale (images/sons/textes).
 
Terres arbitraires (1er mouvement)
Lors de son travail à Evry, avec la complicité de deux jeunes habitants à qui il a confié des petites caméras vidéo, l’artiste a rencontré de façon informelle de nombreux résidents des Pyramides.
Chaque rencontre, chaque interaction nourrit une réflexion et alimente le  matériau (visuel et sonore) fait d’entretiens, d’ambiances enregistrées, d’images filmées sur le vif ou mises en scène.
Parallèlement au tournage des portraits, l’artiste a collectionné des matériaux sonores composés de bribes de discours sur les quartiers populaires. Ils évoquent les populations et les multiples sujets qui s’y rattachent (emploi/précarité, identité nationale/immigration, insécurité /insécurité sociale, traitement social/pénal, etc.). Les sons qui circulent dans le dispositif parlent contrairement aux images, de l’ensemble des habitants des quartiers populaires (hommes, femmes, jeunes, vieux, etc.)

Terres arbitraires (2ème mouvement et suivants)
En allant sur de nouveaux territoires, dans d’autres villes, à la rencontre d’autres habitants, Nicolas Clauss réalise de nouveaux portraits, dont les mises en scène sont des collaborations pour arriver à des images signifiantes destinées à enrichir et à diversifier le corpus de l’oeuvre.
Il s'agit donc d’une oeuvre qui réunit virtuellement et symboliquement des portraits venus de zones géographiques éclatées sur tout le pays.
Ni victimisation, ni angélisme, cette œuvre est une mise en scène dans une forme plastique du déferlement (voire du vacarme) des discours concernant ces espaces urbains et leurs populations, confronté à des portraits qui mettent en avant l’humanité souvent gommée par des approches statistiques, administratives et politiques.

L’oeuvre est présentée dans une version "work in progress" au Festival Instants Vidéo à Marseille, en novembre 2011.

Terres arbitraires


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Inscrire ce projet dans le programme Identité Parcours Mémoire a du sens à plus d’un titre. Tout d’abord car dans "Terres arbitraires" est mis en jeu précisément la question de l’identité et celle de ses représentations sociales. Car c’est autant l’identité de certains territoires que les "projections" et les représentations, qui sont convoquées dans ce projet : à travers la confrontation entre des portraits muets d’habitants et le bruit médiatique et politique suscité par leur territoire.
Comment se  situer, en tant qu’individu quand le territoire auquel on appartient et les gens qui le composent sont l’objet de commentaires incessants ? Dans sa démarche d’artiste, Nicolas Clauss s’attache précisément à rendre à chacun la possibilité de pouvoir se réapproprier son histoire, sa place, sa trajectoire en tant qu’individu.
Dans "Terres arbitraires" en allant à la rencontre les jeunes hommes des quartiers qu’on a l’habitude de voir ou d’écouter uniquement dans le contexte du "fait-divers" et en leur demandant de faire partie du processus de l’œuvre, de participer, de contribuer, d’alimenter, il va les amener à se questionner sur leurs origines, sur la place qu’ils occupent dans la société et comment ils regardent leur parcours. Et ce sans occulter les réalités vécues ou subies. La première forme de diffusion de "Terres Arbitraires" à Marseille dans le cadre des Instants Vidéo à la Friche la Belle de Mai sera précédée d’un travail sur les territoires traversés par l’artiste afin d’amener les gens à venir assister aux médiations à l’œuvre.
Par ailleurs nous proposerons dans ce cadre une série de rencontres publiques avec des artistes, les partenaires du projet, des sociologues, des philosophes, qui viendront traiter des thématiques de "Terres arbitraires" ; la place des "quartiers" dans les médias, les notions d’identités, le rôle des projets participatifs (programme en cours d’écriture).

Terres arbitraires


L'AGENDA

- Mai 2011 : Premiers repérages et rencontres avec les partenaires de terrain par l’artiste Nicolas Clauss coordonné et organisé par ZINC et les Instants Vidéo.
- Septembre 2011 : repérage dans des quartiers classés « ZUS » à Marseille, assisté par ZINC Belle de Mai. Présentation du projet lors des premières rencontres avec les habitants participants au projet.
- Septembre/Octobre 2011  : travail de mise en scène et prises d’images avec les habitants participants ; traitement des vidéo (travail de post production) et intégration des images dans le dispositif global pour l’exposition en novembre
- 5 au 12 Novembre 2011 : présentation de Terres Arbitraires à la Friche la Belle de mai dans le cadre du Festival Instants Vidéo à Marseille ; débat avec des intervenants invités (sociologues, écrivains, habitants) autour de l’œuvre.
- Janvier - avril 2012 (6/8 semaines réparties) :  suite des rencontres et tournage de nouveaux portraits (mis en scène) dans d’autres quartiers repérés avec nos partenaires.
--> Du 19 janvier au 11 mars 2012 (La Condition Publique - Roubaix) : exposition "un visage, des visages" avec Catherine Poncin et Damaris Risch.
--> du 26 mars au 20 avril 2012.(ECM Le Chaplin - Mantes-la-Jolie) : vernissage le mardi 27 mars à partir de 18h30.
- Mai 2012 : travail de post production, intégration des portraits dans le dispositif global, au final une centaine de portraits marseillais intégreront l’œuvre.
- oct-décembre 2012 : deuxième étape de diffusion en PACA - Marseille ou Aubagne à définir.

Soit :

Les premiers portraits seront réalisés en septembre (première phase). Puis poursuite entre janvier et mai 2012 des rencontres dans différents quartiers marseillais pour au final récolter au moins une centaine de portraits intégrés au dispositif global (pour mai 2012). La forme de l’œuvre sera étudiée et travaillée au préalable par l’artiste à partir du printemps 2011, avec l’intervention de Christian Delécluse en juillet et une finalisation de la partition formelle dans l’espace en septembre à la Maison Populaire de Montreuil.
En 2011 Nicolas Clauss travaille sur le dispositif et les modalités de circulation du contenu (portraits, éléments textuels et éléments sonores) au sein de ce dispositif (c’est le moment de l’écriture de la partition, de mai 2011 à septembre 2011). Ensuite, à partir des nouvelles rencontres dans les quartiers marseillais, à partir de septembre 2011, le travail portera sur la fabrication d’un corpus de portraits d’habitants. Les portraits marseillais des premières rencontres de l’automne seront intégrés pour la première étape d’exposition durant le festival IV de novembre 2011. D’autres rencontres suivront de janvier à mai 2012 avec une deuxième étape de diffusion (à définir).

Teres arbitraires


LES CONTACTS

ZINC arts et cultures numériques
Friche la Belle de Mai
41 rue Jobin
13003 Marseille
www.zinclafriche.org
04 95 04 95 12
référente : Céline Berthoumieux
secrétaire générale 06 26 44 55 22

Nicolas Clauss
www.nicolasclauss.com
www.flyingpuppet.com
niclauss@flyingpuppet.com

Coproduction : Nicolas Clauss, Théâtre de l’Agora-scène nationale d’Evry et de l’Essonne, ZINC-Friche la Belle de Mai et l’EPCC La Condition Publique. En partenariat avec la Maison Populaire de Montreuil et avec le soutien du DICRéAM (CNC), d’Arcadi et de DRJSCS-DRAC PACA (Identités, Parcours & Mémoire 2011).

© Photos Nicolas Clauss


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