Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
La Ciotat, déesse plurielle - 5.8 Ko

Projets 2011

CRI MEMOIRE - LA CIOTAT [ Audiovisuel - Exposition photographique ]

La Ciotat, déesse plurielle

LES AUTEURS

Le porteur du projet : CRI Mémoire
La spécificité de l’association CRI Mémoire est de recueillir la mémoire des habitants de la ville, afin de mieux faire connaitre le parcours de chacun, et de créer du lien entre les habitants. Œuvrant sur le terrain depuis dix ans, cette association de proximité est bien connue, car elle a la faculté de fédérer le tissu local. Par son sens du relationnel, elle a impulsé et coordonne depuis cinq ans le collectif "Places au cœur", afin d’animer les places de la ville avec la participation des habitants et des dizaines d’associations, le jour de La Fête des places. Devant le succès populaire, chaque année, la fête gagne une nouvelle place.
A son actif, réalisation de nombreux documentaires vidéos basés sur des témoignages oraux et photos d’archives.

Les artistes
Au vu des nombreux artistes que nous connaissons, œuvrant sur le territoire, et souvent, en parallèle, à la capitale ou à l’étranger (Montréal, Gênes, Afrique…), notre choix a porté sur les artistes suivants :

1/ Pour les ateliers (sketchs de théâtre imaginés à partir des récits et témoignages récoltés, œuvre plasticienne réalisée par le groupe, exposition photo des portraits des personnes immigrées)
- Serge Alaya : comédien
Comédien professionnel, Serge joue dans plusieurs compagnies de La Ciotat à Paris. Il est membre de la troupe de Caravan Pirate, partenaire de CRI Mémoire sur le projet des conférences théâtralisées. Particulièrement doué dans la Commedia dell’arte, il va animer un groupe d’habitants volontaires, leur insuffler le sens du théâtre, le but étant de produire un sketch de 10 à 15 minutes mettant en scène de façon colorée les identités qui auront été relevées après l’enquête.
Ce sketch a été joué le samedi 8 octobre 2011, pour la fête des places, et pourra être repris à d’autres occasions éventuellement.
Nous comptons sur le talent de Serge pour captiver le public et l’intéresser par le biais des saynètes à la culture issue de l’immigration.
Nous avons déjà travaillé avec Serge pour la mise en place de conférences théâtralisées sur l’histoire de la ville.

> Atelier théâtre : "De là-bas et d’ici"

Serge Ayala a travaillé avec un groupe d’adultes qui au fil des séances ont cherché dans leurs souvenirs et écrit l’histoire d’un personnage de leur famille d’origine étrangère. Ce personnage a repris vie par la lecture au cours des séances. Une quinzaine de personnes ont participé à l’atelier, et six ont lu leur témoignage le jour de la fête des places sur podium devant la foule amassée sur la place Sadi-Carnot. Il y a eu des souvenirs d’immigration italienne, anglaise, siciliennes, Afrique du nord, Arménie et Andalous. L’ensemble a révélé des correspondances et des diversités entre les parcours de chacun, pouvant se résumer sous l’impression d’un « destin méditerranéen » commun. Les Andalous ont chanté leur histoire à la guitare et c’était très chaleureux.

- Lili Le Gouvello : plasticienne
Lili est une plasticienne qui travaille en voyageant de Zanzibar à la Norvège. Elle développe son art à travers différents supports : dessin, peinture, gravure et sculpture. Diplômée de l’ENSAD, elle a exposé à Berlin, au Portugal, au Japon, et de nombreux salons de par le monde… En 2002, elle réalise un trophée pour la Quinzaine des réalisateurs à Cannes (1er exemplaire remis à Clint Eastwood). Réalise aussi en 2001 un trophée pour Action again Hunger à New York. Lili expose régulièrement à Paris à la galerie Larock Granoff 13 quai de Conti, mais La Ciotat est son port d’attache.

> Ateliers Arts plastiques : "Tous les enfants du monde"
Pour le projet, Lili a imaginé le dessin et la découpe de silhouettes géantes en contre-plaqué, représentant les origines diverses de la population locale : une Africaine, un Touareg, un Gitan, un Arlequin, un pêcheur, un anglais et…une Ciotadenne ! Ces silhouettes ont été découpées lors d’ateliers avec les jeunes, puis, quand elle les a installés dans la rue, cela a suscité des interactions avec le public. 

- Pierre Fauroux : Photographe
La photographie est une passion qui anime Pierre depuis 30 ans. Chargé de reportages photos lors de missions d’ONG humanitaires au Bénin, Togo… il en a ramené des portraits d’habitants étonnants de réalisme et d’humanité. Habitant La Ciotat il est très heureux de participer au projet et de réaliser une série de portraits d’habitants.

> Portraits couleur "La Ciotat, déesse plurielle"
Pierre Fauroux a créé une dizaine de cadres d’une à trois photos représentant des portraits de gens dans leur environnement : un pêcheur venant d’Ischia, un Vietnamien qui a combattu pour la guerre d’Indochine, un Maghrébin devenu responsable d’une équipe de propreté pour la ville, un Arménien fils d’une famille de bouchers, un pied noir espagnol, un marchand de pâtes Sicilien, une créatrice en prêt-à-porter d’origine portugaise, etc. Les textes accompagnant ces portraits ont été écrits par Christiane Ganteaume.

- Mylène Zizzo, photographe
Après une licence en ethnologie, Mylène Zizzo se forme en photo journalisme à l’EMI-CFD (école des métiers de l’information) à Paris. Photographe spécialiste des reportages et portraits, elle travaille en indépendante pour les agences et particuliers, la presse. A La Ciotat avec le Centaure, elle a fait une série de portraits des ouvriers victimes de l’amiante. Fin 2011 elle ouvre son studio à Aubagne.

> "On est tous des migrants", portraits de Ciotadens par Mylène Zizzo
La Ciotat s'est façonnée par les divers flux migratoires qui se sont succédés aux Chantiers Navals et encore aujourd’hui. Chaque nouvel arrivant, qu’il soit Italien, Espagnol, Maghrébin, Arménien ou Anglais, y laisse un peu de sa culture. L’intention de Mylène est de faire un portrait de la population ciotadenne en soulignant la richesse de ses diversités. Elle propose une série de portraits noir et blanc, tirés en diptyques. Ces portraits seront accompagnés de quelques lignes retraçant leur parcours. L’exposition accompagnera la projection du film réalisé sur le même thème, mais pourra tourner à d’autres occasions dans le cadre de manifestations de CRI Mémoire, ou thématiques sur ce sujet.

2/ Pour le documentaire
- Christiane Ganteaume : réalisatrice
Christiane est chargée de projets pour CRI Mémoire depuis dix ans. C’est elle qui réalise tous les documentaires. Native de La Ciotat, elle connait bien la population, et sera chargée de mener l’enquête sur les divers courants migratoires de la ville –chose qui n’a jamais été analysée à ce jour-. Elle a commencé déjà en étudiant les archives municipales, et en animant plusieurs rencontres autour des Arméniens (en 2007 et 2010), et des Italiens (2010). Elle participe aux colloques d’Identités Parcours Mémoires sur l’immigration aux Archives départementales de Marseille, est en lien avec Histoire et Patrimoine Seynois avec qui un conférence commune avait été organisée en 2009, par un historien membre de CRI Mémoire, sur le parallèle entre l’histoire des chantiers navals de La Ciotat, Port de Bouc et la Seyne. Elle a également suivi les actions de Natacha Cyrulnick qui œuvre à La Seyne avec les jeunes des quartiers, les entrainant à collecter leur histoire dans les quartiers, camescope en main. Christiane sera donc l’auteur du documentaire, assistée d’Isotta Trastevere et Rita Parker au tournage.

- Isotta Trastevere : vidéaste, monteuse
Isotta a également travaillé deux ans avec nous. Elle est d’origine italienne et motivée par le sujet. Issue de l’école de cinéma de Turin, elle vit en France depuis deux ans. Elle sera chargée de la prise des entretiens, et surtout du montage.

- Michel Ganteaume : musicien
Michel a composé l’album "Marseille, 2600 ans d’histoire", ainsi que la musique d’une série de CD sur la poésie française, les fables de La Fontaine, etc, disponibles sur le site de la FNAC. Intermittent du spectacle, natif de La Ciotat, et fils d’ouvrier des chantiers navals devenu artiste peintre, il est tout indiqué pour composer la musique du documentaire.


L'OEUVRE

1/ Réaliser un documentaire vidéo de 52’
Le documentaire fera le portrait d’une dizaine d’immigrés de nationalités différentes (italiens, sardes, siciliens, yougoslaves, espagnols pour l'époque de la cité ouvrière, mais aussi, sénégalais, portugais, polonais, arméniens, maghrébins….), d’immigration ancienne ou récente, venus habiter à La Ciotat, ville en mutation et réorientation de son activité navale, à des périodes diverses de l’histoire.
L’idée est d’aller à la rencontre de ces gens, et d’écouter le récit de leur histoire (l’arrivée à l’a Ciotat, le pourquoi, les difficultés d’intégration, etc…), au travers d’un membre de la famille. Avec la complicité des personnes filmées, le montage sera illustré avec des photos d’archives témoignant de l’ambiance de leur nationalité d’origine, des conditions de leur travail sur le site pour aboutir à un kaléidoscope qui montre la richesse d’une société multiculturelle.
L’axe choisi est celui de la spontanéité, un témoignage venu du cœur est chargé d’émotion pour le spectateur. Le montage de ces personnages vivants se fera sur fond d’images de la ville, son port, ses chantiers.

2/ Des ateliers scène et plastique, une expo photo
Afin de donner un rayonnement plus grand à ce projet de documentaire, en y impliquant un maximum de population, nous avons eu l’idée de le coupler à une de nos manifestations régulières : La fête des places, qui rassemble des milliers de personnes.
Nous incluons dans le projet deux ateliers qui apporteront un plus au projet Fête des places (financé par la ville, l’état et la région), et qui serviront de support au documentaire en élargissant la dynamique des témoignages.

Les objectifs du projet :
- Valoriser les flux migratoires qui ont enrichi la culture locale
- Pointer ce qu’ils ont apporté, le langage, les traditions…
- Dresser des portraits sur la diversité des cultures
- Comparer les parcours humains qui se recoupent
- Impulser des rencontres pour les associer au projet
- Créer des attaches et du lien social entre les participants et la population
- Produire un témoignage de la diversité de ces cultures imbriquées dans l’identité du citoyen de 2013


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Cri Mémoire

Depuis la nuit des temps, La Ciotat a accueilli les navigateurs, à commencer par les Phocéens… qui devaient créer Marseille.
Au XIX et XXème siècles, c’est son industrie navale qui lui a donné un nouvel essor, attirant une main d’œuvre venue souvent de l’étranger, pour les besoins du travail.
Ainsi les Italiens et habitants insulaires les plus proches (Sardaigne et Sicile), ont-ils été les premiers immigrés, aujourd’hui bien intégrés à la population.
Au début du XXème, c’est aussi l’exode arménien, qui plante son identité dans la ville. En fonction des besoins de l’industrie navale, ce sont aussi les Sénégalais, les Espagnols, Polonais, Portugais, Yougoslaves, Maghrébins….qui enrichissent le terroir Ciotaden. Les Vietnamiens aussi.
Tous ces courants migratoires naturels génèrent les mêmes difficultés d’intégration au début, un rejet spontané de la part des autochtones, puis, petit à petit, une intégration plus ou moins facile.
La plupart du temps, on finit par sympathiser, et des habitudes, des termes de langage, des recettes, s’imprègnent dans la ville d’accueil. Si quelques-uns retournent ensuite chez eux, la majorité reste, et fonde famille dans cette ville du bord de Méditerranée qui ainsi se métisse.
Aujourd’hui encore l’immigration continue, avec ses difficultés. Il nous a paru intéressant de recenser ces courants migratoires, de comprendre leur parcours, leurs difficultés d’adaptation, et surtout valoriser leur part d’identité qui a enrichi notre culture française, ou du moins localement.
Comment ? En les rencontrant, caméra en main, sur leur lieu de vie aujourd’hui, en écoutant les petits-enfants d’immigrés, ou les immigrés d’aujourd’hui, les associations, et en dressant avec leur consentement des portraits visuels et sonores, tout à l’honneur de ces facettes des hommes qui constituent la planète, et notre ville.

"Identités, Parcours et Mémoire" répond à ce besoin que nous avons repéré en centre-ville où CRI Mémoire impulse des actions depuis dix ans, liées à la problématique de l’immigration, et à ce qui en marque la vie quotidienne et parfois aussi le patrimoine. Nous pensons le valoriser en allant à la rencontre de cette diversité culturelle, et en dressant des portraits vivants, parfois interculturels, dont l’histoire, liée à la mémoire de l’immigration,  mérite d’être connue de tous. Insérer ces portraits dans une œuvre artistique qui les met en valeur. Nous avons choisi pour cela le procédé du documentaire que nous maitrisons depuis dix ans, et une exposition sonore qui accompagnerait la projection du film. Ce film sera appelé à tourner dans différents lieux, et intégré au programme culturel de Marseille-Provence 2013.


L'AGENDA

Calendrier préparatoire (2011)
- Mai/Juin 2011 : recherches historiques, archives, prises de contact, choix des portraits qui illustreront le documentaire et l’expo photo
- Juin et début juillet 2011 : lancement des ateliers dans le cadre de la Fête des places avec l’équipe habituelle de CRI Mémoire
- De Juin à Septembre 2011 : prise des photos avec Pierre Fauroux.
- Septembre 2011 : démarrage des ateliers théâtre avec Serge Alaya, et plastique avec Rita Parker.
- Fin septembre 2011 : Fête des places avec l’exposition des photos sur la place, exposition de l’œuvre réalisée par le groupe et animation avec le sketch.
- Mai/Septembre 2011 : prises de vue des scènes et des témoignages pour le documentaire.
- Dès Octobre 2011 : suite des interviews, l’équipe de tournage ira à la rencontre des associations locales constituées autour des arméniens, sardes, italiens, tunisiens, portugais, etc… Partenariat avec Centaure, qui regroupe les anciens travailleurs victimes de l’amiante, qui sera une association ressource.
- 2012 : pour le film (tournage et montage) / pour les photos (prise des portraits "On est tous des migrants" avec Mylène Zizoo... les autres ateliers étant terminés.
Diffusion (2012)
Chaque projection sera accompagnée de l’expo photo des portraits de personnages figurant dans le film, les vedettes en quelque sorte :
- Dans une salle communale pour l’avant-première.
- Dans l’Eden-théâtre, le premier cinéma au monde en cours de restauration.
- L’association Art et Lumière organisera une projection suivie de débat au cinéma Lumière de La Ciotat.
- Ce film sera inscrit au programme de l’année culturelle 2013. Le projet a été déposé en mairie au service culturel. Il pourra être programmé en novembre 2013, pour illustrer la thématique sur l’immigration, les échanges entre les cultures du bassin méditerranéen, le "partage des midis".
- L’exposition quant à elle pourra tourner, proposée à la mairie, à la gare, aux écoles….


LA FICHE TECHNIQUE

Film documentaire
52'
Copies en DVD
Le DVD sera mis à la vente au cours des manifestations et dans les librairies locales.
Il est prévu 100 copies dans un premier temps.


LES CONTACTS

CRI Mémoire
Local du Grand Portique
18 Rue Louis Vignol
13600 La Ciotat
04 42 08 21 47
06 11 07 97 74
http://crimemoire.free.fr
crimemoire@free.fr


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