Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Les villes nouvelles aussi vieillissent - 6.9 Ko

Projets 2010

Trans[BORDER - Marseille [ Photographie ]

Les villes nouvelles aussi vieillissent

L'AUTEUR

Les Photographes

Vincent Beaume est photojournaliste depuis une dizaine d’années. Il a réalisé un travail de mémoire photographique à l’occasion de la requalification urbaine du quartier des Pins à Vitrolles.
Il est le co-auteur avec Marie d’Hombre et Patrick Gherdoussi de « Une ville, cent histoires. Vitrolles, Quartier des Pins, 1971-2008 ».

Philippe Conti travaille sur les notions de communautés et de territoires. C’est dans le cadre immédiat de la vie quotidienne, des espaces intimes où les gens mènent leur vie que son travail prend forme.
Philippe fait parti de la coopérative de photographe Picturetank.
Il est l’auteur de « On dirait le sud » et «Djelem, djelem » deux ouvrages parus aux éditions Images en manœuvres.

Patrick Gherdoussi est photojournaliste depuis plus de quinze ans. Natif de Vitrolles, ce portraitiste, sensible aux questions urbaines, fait parti de l’agence Fédéphoto.
Son travail d'auteur le conduit à réaliser des travaux de commandes institutionnels ou associatifs. Au travers de portraits, ou des reportages de société ses commanditaires ont toujours privilégié son regard personnel.
Il est le co-auteur avec Marie d’Hombre et Vincent Beaume de « Une ville, cent histoires, Vitrolles. Quartier des Pins, 1971-2008 ».

Le sociologue

Adèle Tayalé a suivi des études de sociologie à Evry durant lesquelles elle s’est beaucoup intéressée aux problématiques sociales attachées aux territoires urbains et particulièrement aux villes nouvelles.

Intéressée par des questions attachées à la migration, à l’identité ainsi qu’aux formes d’appropriation des espaces publics, elle utilise alors l’image et le son comme outils d’observation et de restitution des faits sociaux.


L'OEUVRE

« On les dit laides, elles ne sont que nouvelles.
On s’y habituera comme au reste.
Notre esthétique aussi évolue.
Il n’est pas de façon éternelle ou universelle de voir le monde. »
Augustin Berque, « Les mille naissances du paysage »,
in Paysages Photographies / Mission photographique de la DATAR.


Un projet de l’association TransBORDER

Les années 60 & 70 ont été marquées par un renouveau architectural et urbanistique dans l’urgence qui était faite de trouver des réponses rapides et adaptées au besoin de logement en France.
Au sortir de la guerre, dans les années 50, l’implantation et l’expansion de l’aviation et de l’industrialisation ont contribué à changer la physionomie de Vitrolles. La rive Est de l’Etang devient une région carrefour tout à fait exceptionnelle. L’état d’esprit est alors entièrement tourné vers la croissance industrielle et les progrès techniques. L’envergure nationale du projet phocéen conduit l’Etat à vouloir maîtriser le développement de la région.
En 1973, le statut de ville nouvelle, défini par la loi Bosher du 10 juillet 1970 est attribué à un territoire composé, à l’ouest de l’Etang, de Miramas, d’Istres, de Fos-sur-Mer qui seront regroupés en intercommunalité et à l’Est, de Vitrolles, qualifiée de commune associée. Celle-ci sera plus spécifiquement dédiée à l’accueil d’activités nouvelles et à l’extension de la zone industrielle marseillaise, en raison de sa position géographique avantageuse entre la zone de Fos-sur-Mer et l’aéroport de Marseille - Marignane.

Ainsi, dans un état d’esprit semblable aux autres villes nouvelles françaises créées à cette époque en banlieue lilloise et parisienne, les aménageurs voient les choses en grand. C’est l’occasion de créer de toutes pièces un monde encore vierge d’histoire humaine, d’innover en matière d’architecture, d’investir dans la culture et l’animation, de tenter et de tester de nouvelles formes de sociabilité.

Cependant, dès la fin des années 70, les effets de la crise économique commencent à se faire sentir sur l’ensemble du territoire. La sidérurgie sur le déclin, l’or noir trop cher, la fermeture des usines et du bassin minier, l’insécurité de l’emploi, la pollution, la pression foncière, sont des conséquences dont il fallut prendre acte.
Vitrolles, malgré son projet optimiste ne sera pas épargnée. Les années 1980 et 1990 voient l’ascension d’un discours de plus en plus pessimiste qui interroge les effets de l’urbanisation massive de la ville.
En cinquante ans d’histoire contemporaine le paysage de Vitrolles, de son territoire a considérablement évolué. L’optimisme et les velléités de développement ont laissé place si ce n’est à « l’austérité » tout du moins à la raison.

1/. Le paradigme des villes nouvelles


Le bâti ou plus largement les formes urbaines incluent des tracés, des découpages, des dispositions matérialisées, construites, inscrites sur le sol qui conditionnent les capacités de développement et de renouvellement d’activité sur un territoire.
Inscrites dans une longue durée, ces formes échappent rapidement aux conditions de leur création. La réalité urbaine de Vitrolles – édifiée dans une période de plein emploi, et d’essor économique – dont l’ambition était de réunir des populations aux origines diverses autour d’un projet « progressiste » a été largement questionnée. Cependant, il faut compter avec le temps. L’urbanité ne se décrète pas. Elle se construit avec la participation de ceux qui l’habitent, qui l’incarnent, qui font Histoire commune. Après presque cinquante ans de recul, Vitrolles a-t-elle répondu à ses fonctions premières qui outre l’habitat, l’économie ou la condition sociale était de proposer un projet d’a-filiation à une communauté nouvelle ?
C’est ce que ce projet « d’archive vivante » se propose de révéler.

Deux axes de travail seront ainsi développés :


- Le premier axe sera pensé comme un Observatoire photographique du territoire, dont l’objet sera de révéler des territoires géographiques en mouvements/mutations à l’intérieur desquels s’inscrivent des histoires individuelles.

- Le second axe nous révélera au travers d’Une photographie qui parle la diversité des histoires singulières qui constitue l’Histoire de Vitrolles.

2/. Observatoire photographique du territoire, paysage et usage

La conscience que nous avions de l’environnement a considérablement changé. Les préalables que nous posions quant à la fonctionnalité d’une ville nouvelle semblent avoir évolué. L’accession à la propriété, la place faite à la voiture, la répartition des espaces publics et privés, sont les enjeux actuels des villes et des territoires. Ces enjeux doivent coïncider avec les aspirations des nouvelles générations dans le rapport actuel qu’elles entretiennent avec la nature, le paysage et l’environnement.

Etude, Vitrolles vue du sol

Faire le portrait d’une ville nouvelle vieille de 40 ou 50 ans, passe par un regard qui pourra servir de repère aux générations actuelles et futures, mais aussi à éclairer un passé commun. Ce travail se fera autour de deux axes principaux.
Le premier sera la réalisation et l’animation d’un blog thématique.
Le second sera la réalisation de « petite œuvre multimédia » : POEM.
Une méthode unique

S’intéresser à une ville, c’est connaître son histoire, mais surtout ses habitants. Nous allons donc centrer notre travail sur des individus en particulier, sur leur quotidien, leurs singularités. En préambule nous aurons pris soin de définir une méthode de travail et une méthodologie d’intervention qui garantira le cadre de notre projet.

A/. La photographie de famille

Le blog que nous animerons sera à la fois un appel à contribution et un lieu de recueil participatif autour du thème de la photographie de famille.
En effet, c’est par cette entrée que nous souhaitons que chaque contributeur partage ses photographies de famille qui auront pour thème de près ou de loin la construction et l’évolution de Vitrolles.
Chaque photographie sera alors comme un témoignage personnel contribuant à retracer l’histoire de la ville. Nous nous attacherons à ce que ces photographies soient assorties d’un lieu et d’une histoire relative à la famille.
Ainsi, nous donnerons une valeur de document d’archive à chaque contribution qui s’ajoutera aux précédentes de façon à former un tout.

Le blog comme plateforme de contribution

Le blog sera construit à la fois comme une plateforme de contribution et d’information sur le projet. Il se présentera comme une sorte de « réclame » pour la diffusion du projet.
Il sera ainsi possible d’accéder à divers type de contenu et d’action.

B/. Une photographie qui parle


Si l’intérêt que présente la photographie dans sa qualité de représentation du réel est acquise, il convient de penser dès à présent à une utilisation future d’un tel recueil. C’est pourquoi nous proposons de porter notre réflexion sur la constitution d’une archive vivante dont la finalité sera de mettre en lumière aussi bien une Histoire passée / vécue que l’Histoire présente au travers de la diversité des histoires des habitants de Vitrolles.

Petite œuvre multimédia - POEM

Les portraits documentaires que nous réaliserons constituent une approche intimiste de la photographie par le biais de ce que l’on appelle communément aujourd’hui une « petite œuvre multimédia », voire sa forme plus évoluée de web-documentaire.
Cette évolution de la photographie et du Web tel que conçu aujourd’hui sous son appellation 2.0 nous semble être l’évidence à mettre en œuvre au service de ce projet.

Le portrait documentaire

Le « portrait documentaire » est une séquence, au sens cinématographique (c’est-à-dire une suite de plans constituant un épisode distinct, correspondant à une suite d'actions présentées dans leur continuité logique et chronologique, et dans leur diversité spatiale) correspondant à un montage images et son proposant une forme narrative autour du sujet.

Concrètement, un « portrait documentaire » est constitué de 12 à 20 photographies représentant un individu dans son activité quotidienne et dans les interactions qu’il exerce entre espace public et espace privé.
Et d’un entretien à partir duquel est extraite une séquence de deux à six minutes. La réalisation des entretiens constituera le temps de l’analyse sociologique. Nous utiliserons alors nos compétences de sociologue afin de comprendre ce qui, dans les récits, lie les individus entre eux. Nous proposerons un fil conducteur, des passerelles entre nos personnages. Notre insertion longue sur le terrain et la réalisation des entretiens au sein d’espaces intimes facilitera les échanges.
L’angle ou le synopsis de cette courte narration en images sera mis au point avec le sujet afin de privilégier un aspect particulier de sa vie sans pour autant mettre en scène la réalité et afin qu’il prenne place dans un ensemble plus important.
L’enregistrement sonore visera à mettre l’accent sur un moment particulier de la vie de l’individu, ses souvenirs, de sa relation à la ville, ses origines familiales, sa façon d’être en relation avec elle … Autant de possibilité qualifiant la relation intime d’une personne à son lieu de vie.

L’ensemble constituera une forme narrative propre révélant pour partie un individu
L’utilisation du « portrait documentaire » sera privilégiée et systématique lors de nos rencontres avec les habitants de Vitrolles car il constituera la colonne vertébrale de notre travail.

Pour cela nous rencontrerons des personnes qui n’ont pas de rôle prépondérant au sein de la cité, des personnalités anonymes, afin de conserver une unité dans la démarche mais surtout susciter la curiosité de tout un chacun.
Le choix des sujets photographiés en sera plus éclectique permettant d’assurer en cela une diversité sociologique du point de vue du fait observable.


L'AGENDA

Le projet à une durée prévu de 3 ans, et sera donc diffusé à l'été de l'année 2013.
Ces trois années comprennent la production et la préparation à la diffusion du travail.
Celle-ci se fera sur les supports web/expo/édition/archive.
Chaque année - à l'été - une restitution du travail effectué durant l'année écoulé sera proposée afin de tenir informés les vitrollais de l'avancée du travail.
Le blog "un album de famille" est activé depuis le 15 septembre 2010 sur www.unalbumdefamille.com


LES CONTACTS

Trans[BORDER
35 Rue de la Bibliothèque
13001 Marseille
asso.transborder@gmail.com
www.unalbumdefamille.com
Résidence de Vincent Perrottet à Frais Vallon
Terres Communes
Histoire d'eux
Ceux qui pensent le projet urbain, ceux qui le vivent
Pitsha la manga kalina udowo - L'image de l’ailleurs ne se vit pas dans le miroir
Je ne parle pas la langue de mon père
Des nouvelles du pays... Histoires de petits commerces d’origine étrangère
Cueillir le fruit, l'urbanité à la racine
Les villes nouvelles aussi vieillissent
Les Racines du Futur

Accueil | Présentation | Projets | Catalogue | Actualité | Médiathèque | Portraits | Ressources | Séminaire | Liens | Contacts | Mentions légales