Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
La Smala - 6.4 Ko

Projets 2009

Cosmos Kolej - Marseille [ Spectacle vivant ]

La Smala

LES AUTEURS

> STANY CAMBOT
Stany CAMBOT, plasticien, architecte et scénographe, réalise des installations et propose des interventions urbaines.
D'abord attiré par les arts vivants, il construit des scénographies pour  le théâtre, puis pour l’art contemporain. Il travaille ensuite aux cotés d'Armand Gatti à la conception de scénographies urbaines.
Diplômé de l'Ecole d'Architecture de Normandie, il consacre son travail de fin d'études à la réalisation d'interventions dans les villes, à partir d’un opéra d'Armand Gatti, qu'il présente sous forme d'expériences vidéos.
Depuis, il développe cette problématique dans le cadre de "works in progress" avec la population.
En 1998, il fonde Échelle Inconnue qu’il continue à diriger aujourd’hui, qui s’intéresse particulièrement aux représentations de la ville.
Parallèlement, Stany Cambot collabore à des publications et revues universitaires ou spécialisées, développant un travail de théorisation sur les questions urbaines, artistiques et sur les pratiques participatives.

> ECHELLE INCONNUE
Depuis 1998, la structure de production des travaux de l’architecte Stany Cambot réunit en permanence une productrice, Stéphanie Fernàndez Recatalà, et un informaticien, Pierre Commenge ; les équipes ponctuelles (assistants, décorateurs, créateur sonore...) sont constituées suivant les besoins des projets.
L'équipe s'est formée autour de plusieurs préoccupations communes : comment se construit le lieu dans lequel nous vivons ? Comment l’architecture, l’urbanisme s’en emparent-ils ? Comment appréhender un territoire, un site aujourd'hui ? Le travail se met en place sous la forme d’expériences longues (un an et demi en moyenne) avec la population. Il vise à interroger les mots et concepts utilisés pour « penser la ville », à travers la pratique et la parole de ses usagers.
Ce travail peut aujourd’hui se découper en trois grands volets :
- 1998- 2003 : un travail sur les mots et concepts des architectes et urbanistes
- 2003- 2009 : un travail sur le conflit et la contrainte dans la ville
- 2007-2009 : un travail sur la ville numérique (qr-code, réalité augmentée, vidéo surveillance).
Ces travaux au long cours qui empruntent la méthodologie de l’université populaire, font l’objet d’installations d’ateliers, d’expositions, d’interventions dans l’espace public dans différents lieux de vie de la ville (foyer, terrain d’accueil, mètres carrés sociaux, …).

2006-2010 : LA SMALA - Travail autour de l’architecture de tentes, prenant pour centre la Smala d’Abd el Kader, mené dans toutes les villes françaises où il a été emprisonné après sa reddition (Amboise, Bordeaux , Marseille, Pau, Toulon), mais également à Rouen et en Algérie.

Ouvrage : "SMALA" - Stany Cambot, avec les contributions de Vanessa Caque, Isabelle Lassignardie et Paul Ardenne. Ouvrage monographique autour du projet éponyme à Pau premier opus (un volume par ville), éditions Gaussen, automne 2009.


L'OEUVRE

Echelle inconnue souhaite s’éloigner du point de vue des architectes, des urbanistes et des aménageurs pour s’intéresser au fonctionnement de la ville. La figure d’Abd el Kader (1808-1883), chef militaire dont le projet a consisté à fonder la capitale nomade d’un futur empire arabe, apporte un prisme de lecture décalé à la fois culturellement et techniquement, qui permet aux habitants de mieux voir leur cadre de vie. À travers cette figure marquante de l’identité, de l’histoire et de la culture algérienne, ils sont amenés à (re)formuler leurs désirs pour leur ville.

Le travail d’Echelle inconnue se construit à travers une rencontre avec les habitants de la ville et se développe suivant trois axes principaux :
signification et trace actuelles de la figure d’Abd el Kader dans les villes où il a été incarcéré : rencontre et discussion avec les habitants ;
présence de l’Algérie dans la ville : noms de rues, statuaire, associations et habitants d’origine arabe, kabyle, « pied-noir », … ;
confrontation de l’idée d’un urbanisme de combat pensé par Abd el Kader avec l’inscription des luttes actuelles dans la ville.

« La Smala » d’Echelle inconnue est donc à la fois un vecteur essentiel :
pour une meilleure connaissance des expressions et des populations issues de l’immigration via la démarche participative, fondatrice de « la Smala » d’Echelle inconnue,
pour la valorisation de la mémoire, de l’histoire et des patrimoines culturels migratoires via la présentation systématique du parcours d’Abd el Kader dans son exil, sous forme d’expositions, de publications, ou d’ateliers …,
pour la sensibilisation de la société aux enjeux de la diversité culturelle et du patrimoine commun, via la présentation des paroles d’habitants issus de l’immigration, dans le cadre des expositions et des publications …

Histoire de la Smala : Abd el Kader, premier exilé
Pendant la troisième décennie du 19ème siècle, face à la colonisation du Maghreb par l'armée française, le jeune émir Abd el Kader parvient à fédérer l'ensemble des tribus et organise la résistance.
Il met en place une tactique de guérilla et organise l'Etat depuis plusieurs villes capitales. En 1839, la chute de Tagdempt marque une rupture. Abd el Kader réfléchit à la précarité de l'Etat : comment favoriser la concentration des forces et leur mobilité en empêchant les tribus de  rechercher leur intérêt immédiat ?
Il se souvient des discussions de son père et des chefs de tribus : faut-il persister à fixer des villes ?
Abd el Kader conçoit alors une capitale mobile : la Smala.
Renouant avec les anciennes traditions des tribus, cette véritable ville de tentes, qui abritait tous les métiers nécessaires à son organisation (selliers, armuriers, tailleurs,...) et même un très grand marché fréquenté par les Arabes, permettait de se déplacer en fonction des fluctuations du front. Basée sur un plan exotérique, cette ville, alternative à la ville, comprenait plusieurs dizaines de milliers d'habitants.
Pendant des jours, Abd el Kader, assis en tailleur, dessina sur le sable le plan idéal de cette cité combattante, se basant sur les dessins, la géométrie et les bases conceptuelles de la pensée soufi. Il dessine et redessine la lutte, la foi et l'univers en forme de ville.
Près d'un siècle et demi plus tard, Kateb Yacine, l'auteur algérien en trois langues (français, arabe, tamazgirt), fait reprendre ce geste par Lakdar, le personnage de son roman Nedjma.

La Smala d’Abd el Kader comme point de départ d’une culture migratoire
La Smala amène Echelle inconnue à poser plusieurs questions liée à l’histoire d’Abd el Kader et à son long parcours d’exode dans les prisons françaises :
- « En 1852, être Algérien à Marseille, c'était embarquer du port en héros, à bord du Labrador, en direction de la Turquie, pensionné par l'état français. Et aujourd'hui ? »
- « En 1848, être Algérien à Toulon, c'était entrer en rade de Toulon à bord du Lasmodée, avant de se retrouver entassé dans les cachots humides du Fort Lamalgue ou Malbousquet. Et aujourd'hui ? »

La Smala comme forme urbaine de l'exode
Marseille et Toulon sont marquées, dans leur histoire récente, du signe de l'exil.
La Smala, quant à elle, peut être considérée comme la forme urbaine de l'exode selon la tradition Abrahamique.
Aujourd'hui, que vit-on ici ? Un exil ? Un exode ?
Dans la Smala, « tout pouvait être empaqueté dans de grand draps de laine, car il fallait pouvoir partir vite, très vite. »
Quels sont ici, les objets, les lieux de l'exode ou de l’installation ?

La Smala comme forme urbaine du combat

Conçue, pensée dans, pour et par la lutte, la Smala peut ainsi s'entendre comme la forme urbaine du combat, « la manifestation devenue ville dirait Kateb Yacine ».
Marseille, Toulon, sont deux portes, deux accolades d'une parenthèse dans laquelle la vie d'Abd el Kader et la nature de son combat changèrent. Quatre années marquées par sa vision d'Ibrahim lui indiquant sa mission : le grand Jihad (c'est-à-dire la lutte contre les passions) et l'abandon du « petit Jihad » (non par ce qu'il était injuste mais parce qu'il était perdu).
De Toulon à Marseille, de la Smala à la France le combat mute mais perdure.

Abd el Kader par les Abdelkader(s) contemporains
Abd el Kader commença à Pau son autobiographie, aujourd’hui disparue.
Il s’agira de reprendre cette tentative d'écriture mais d’une manière  polyphonique, afin de présenter les Abd el Kader contemporains.
Quel(s) autoportrait(s) d'Abd el Kader se dessine(nt) aujourd'hui ? Quels homonymes contemporains de l'émir vivent à Marseille ou à Toulon ?


L'AGENDA

Janvier – avril 2010 : Résidence d'Echelle inconnue à la Gare Franche

17-25 septembre 2010 : Première étape de travail à Marseille

26 fevrier 2011 : Conférence > BMVR-Alcazar (Marseille)

1-5 juillet 2011 : Expositions (Marseille)
Tente exposition installée dans les lieux suivants :
- le 1er juillet de 10h à 14h face à l'Hôtel de ville,
- le 2 juillet de 13h30 à 18h place du Colonel Edon,
- le 4 juillet place des abattoirs,
- le 5 juillet face à la bibliothèque de l'Alcazar.

16 juillet 2011 à 10h : Conférences de Stany Cambot et de Franck Frégosi diffusées par Radio Grenouille (88.8 FM).

31 janvier 2012 à 16h : Séminaire "Patrie Imaginée" - intervention de Stany Cambot sur "redessiner le plan de la smala d'Abd el Kader" à l'Université de Rouen

Plus de détails sur le site d'Echelle Inconnue


LES CONTACTS

COSMOS KOLEJ – Théâtre & Curiosités
Wladyslaw Znorko

LA GARE FRANCHE
7 chemin des Tuileries
13015 Marseille
T. 04 91 65 17 77
F. 04 91 65 17 78
www.cosmoskolej.org

cosmoskolej@free.fr
Contact projet : Géraldine Garnier


ECHELLE INCONNUE
http://www.echelleinconnue.net
mel@echelleinconnue.net

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Paroles de navigateurs : Genèse d'une immigration comorienne
Babis ! Fils de crapaud
La Smala
Les oiseaux migrateurs
Eux, lui et leurs aventures
Entre 2 chaises
Le(s) pas comme un(s)

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