Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Le radeau de la méduse - 4.1 Ko

Projets 2001

Cie Ô FANTÔMES - Marseille [ Spectacle vivant - Théâtre ]

Le radeau de la méduse

LES AUTEURS

Georg Kaiser en 1919<br>© Akademic der Künste, Berlin<br>Georg Kaiser Archiv - 12 Ko

Georg Kaiser en 1919
© Akademic der Künste, Berlin
Georg Kaiser Archiv

Georg Kaiser (1878 - 1945), un auteur important et méconnu.
L'oeuvre dramatique de Georg Kaiser est immense et très diverse. Dans les années vingt, elle est énormément jouée. Les pièces de l'exil et de la vieillesse cependant restent en grande partie à découvrir.
Kaiser paiera cher ses engagements et amitiés politiques.
En 1920-21, un procès, aussi spectaculaire que délirant, l'enverra plusieurs mois au pénitencier. Il renonce à croire à cet "homme nouveau" qu'annonçaient certaines de ses pièces antérieures. Il écrit pourtant, à la fin des années vingt, des oeuvres d'un réalisme magique, empreintes d'une profonde humanité (Octobre, Les Têtes de cuir, Mississippi).
En 1933 Kaiser est banni des scènes allemandes par les nazis. Ses personnages se replient d'abord sur leur monde intérieur et leurs fantasmes (Rosamunde Floris, Alain et Elise, Le Jardinier de Toulouse) puis ses écrits s'ouvrent à nouveau sur le monde extérieur ; même si c'est pour en stigmatiser les brutalités et les injustices (Le Soldat Tanaka, Le Radeau de la méduse, Napoléon à la Nouvelle-Orléans).
Finalement, Kaiser, malgré l'opinion désabusée qu'il s'est faite de l'humanité, s'engage, compatit et dénonce.

Compagnie ô Fantômes/Gérard Lorcy, en résidence au Théâtre du Merlan / Scène Nationale de Marseille. Du théâtre ailleurs et autrement.

Afin d'établir son travail dans la nécessité, de trouver une relation forte au public comme aux acteurs, Gérard Lorcy cherche des points d'engagement dans le monde sur lesquels appuyer certaines de ses créations.
De 1996 à 2000, nous avons réalisé à La Maison d'Arrêt de la Santé, cinq spectacles avec des détenus. Depuis 1998, nous explorons d'autres voies au sein de l'univers psychiatrique hospitalier en partenariat avec La Faïencerie-Théâtre de Creil et le C.H.I de Clermont de l'Oise (Picardie). Dans ces lieux, pour nous-mêmes, pour les acteurs et pour le public, nous mettons en question la forme théâtrale et le sens de sa pratique. Pour affermir notre art, le vivifier, nous travaillons là où priment le désir et la nécessité.
À Marseille, à partir du Théâtre du Merlan, le projet de mise en scène du Radeau de la méduse s'est inscrit dans une perspective similaire. Il y avait là un texte, une pensée, un imaginaire qui, sans être enfantins, devaient être portés par des enfants. Ces acteurs d'exception, il nous a fallu dans la ville les trouver, puis les guider jusqu'à ce qu'ils s'approprient le projet et aillent vers ce que nous cherchions et que le texte promettait : un théâtre étonnant et simple, grave et sensible comme l'enfance.


L'OEUVRE

Photos de répétitions - avril 2002 <br>© Leïla Bousnina - 14 Ko

Photos de répétitions - avril 2002
© Leïla Bousnina

En septembre 1940, un vapeur qui devait conduire au Canada des enfants de villes anglaises bombardées fut torpillé en pleine mer. Quelques enfants seulement en réchappèrent grâce à des canots de sauvetage.
Le Radeau de la méduse raconte l'odyssée de sept jours d'un de ces canots : comment onze des treize survivants furent finalement sauvés et comment l'avion arriva trop tard pour les deux autres?
Les enfants préfigurent tout ce qu'accompliront plus tard les adultes. De sang-froid, des enfants de dix ans assassinent le treizième, parce que leur religion leur interdit de partager leur repas avec lui.


Georg Kaiser écrit Le Radeau de la méduse en 1940/43; une signature pour sa pensée et son oeuvre.
C'est une pièce unique, incomparable. L'ambiance y est magique : un canot, porteur de treize enfants, qui émerge des brumes pour y replonger ; un langage simple et lyrique, d'une intensité saisissante. L'ensemble s'impose avec l'évidence de la vérité. Peu d'autres textes ont su montrer avec une telle transparente simplicité l'hypocrisie bien-pensante et la cruauté du monde en même temps que les tentatives de quelques-uns d'y résister par le coeur et l'esprit.
Les protagonistes ont entre dix et treize ans, ce sont encore des enfants. Pourtant ce n'est pas une pièce sur l'enfance, ni une pièce pour enfants. C'est une tragédie adressée à tous. Les enfants ici sont le miroir grossissant mais fidèle du monde des adultes.

La pièce paraît partiellement en 1947, intégralement en 1963, et a été créée le 24 février 1945 au Stadttheater Basel.
Traduit par Huguette et René Radrizzani, Le Radeau de la méduse est publié aux éditions Farrago, 1996.
L'Arche est agent théâtral du texte représenté.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Photos de répétitions - avril 2002 <br>© Leïla Bousnina - 4.9 Ko

Photos de répétitions - avril 2002
© Leïla Bousnina

Un processus de sensibilisation à l'art du théâtre pour des jeunes de onze à quatorze ans, habitant les quartiers nord de Marseille, en partie issus de l'immigration. Il fallait aboutir à la constitution d'une troupe de treize jeunes aptes à être les acteurs d'un texte précis et rigoureux. Le spectacle a été présenté, dans des conditions professionnelles, entre le 20 et le 28 avril 2002 au Théâtre du Merlan.
Avec la mise en scène du "Radeau de la méduse", j'ai amené treize jeunes adolescents, d'origines diverses, à être les acteurs d'un texte exemplaire de ce que l'art théâtral européen a pu produire de plus aigu, de plus beau. Ce travail a traité à sa manière, peut-être paradoxale, les questions que l'appel à projet voulait voir soulever : mémoire, identités et appartenances culturelles.
En choisissant de partir des quartiers nord de Marseille et du Théâtre du Merlan, j'ai fait reposer la mise en scène sur une hétérogénéité des acteurs et du texte : treize jeunes français, parfois de fraîche date, d'origines musulmane, chrétienne ou juive ont interprété l'histoire tragique de treize jeunes protestants anglo-saxons des années trente. Cette confrontation des univers culturels était inhérente au projet artistique et constitutive de sens et d'esthétique.
Le texte de Kaiser traite de la nécessité, pour tout individu, de savoir garder, au sein d'un groupe, un quant-à-soi garant de liberté, de responsabilité et d'humanité. J'ai voulu organiser un processus de travail porteur des mêmes idées.
A l'instar de ce qu'induit Kaiser, je n'ai pas cherché à valoriser telle ou telle appartenance vis-à-vis de telle ou telle autre. La valorisation des origines est affaire de religion ou de nationalisme ; l'affaire de l'art étant plutôt l'avènement d'hommes libres, quelque peu autonomisés et allégés face aux injonctions lourdement normatives que le monde social tente d'imposer.
Depuis 1996, je travaille beaucoup à produire des spectacles de théâtre avec des acteurs non professionnels en situation de marginalité sociale et culturelle. Mon idée n'est pas tant de considérer que le théâtre est utile à ces gens, mais que ces situations de travail peuvent être utiles au théâtre. C'est dans le retournement de cette utilité si souvent proclamée que je place la dignité de ces acteurs singuliers.
Gérard Lorcy


L'AGENDA

Le radeau de la méduse, de Georg Kaiser, de septembre 2000 à avril 2002.

un projet de création et d'action théâtrales dans la ville avec des enfants de la ville
1er temps/2001 : Les ateliers du radeau
2ème temps/2002 : Le radeau de la méduse - création

* 2001 : les ateliers du radeau
Jusqu'à décembre 2001, trois cent cinquante heures d'ateliers d'initiation, de recherche et de création à destination de jeunes âgés de onze à quatorze ans.
Ces ateliers ont permis de rencontrer les acteurs du spectacle futur. Pour tous les participants, ils ont représenté une aventure d'ouverture aux processus de la création artistique.
Au cours du travail, nous avons aménagé des rencontres avec d'autres artistes, des échanges entre les différents groupes, des ouvertures au public.

* 2002 : le radeau de la méduse
Passé le temps des ateliers nous avons proposé à treize jeunes d'être, avec l'accord de leurs familles, les acteurs de la création du radeau de la méduse.
Les répétitions se sont organisées sur quelques dix-huit semaines à partir des vacances de noël. La création s'est faite au sortir des vacances de pâques 2002.

Représentations
Théâtre du Merlan/Scène Nationale de Marseille du 20 au 28 avril 2002.


LA FICHE TECHNIQUE

Le spectacle "Le radeau de la méduse" n'est pas disponible avec la distribution originelle. Par contre, nous serions prêts à reprendre le travail dans le cadre d'une résidence avec pour principe un premier temps de recherche des acteurs et un deuxième temps de répétitions.
Nous contacter au 06 62 19 41 06 ou au 04 91 48 20 75.


LES CONTACTS ET LES MENTIONS DE COPYRIGHT

Le radeau de la méduse, une pièce de Georg Kaiser.
Mise en scène : Gérard Lorcy (Cie ô Fantômes)
Coproduction : Théâtre du Merlan/Scène Nationale et Compagnie ô Fantômes.
Soutien : Ministère de la Culture/Drac Paca – Développement Social Urbain/Politique de la ville – Fasild Paca – Ville de Marseille – Conseil Général des Bouches-du-Rhône.

Compagnie ô Fantônes
75 rue Consolat
13001 Marseille
T. 04 91 48 20 75
F. 04 91 48 20 75
M. 06 62 19 41 06
compagnie.o.fantomes@freesbee.fr


Retraite
De l'autre côté de la mer
Parole des pierres
Le radeau de la méduse
Hôtel de l'avenir
Mémoires croisées d'Algérie
La Maison de Mariata
Identités, Parcours & Mémoire
La mémoire de l'Ariane
Migrations/Blues

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