Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
La Maison de Mariata - 3.9 Ko

Projets 2001

FILM FLAMME - Marseille [ Audiovisuel ]

La Maison de Mariata

LES AUTEURS

Mariata Abdallah<br>Photo extraite du film "La maison de Mariata" - 18 Ko

Mariata Abdallah
Photo extraite du film "La maison de Mariata"

Marseille, territoire très particulier d'inter-culturalité

Communauté comorienne. "Mariata Abdallah est comorienne, elle est illettrée, et fait le ménage dans un hôtel. Elle est ma voisine dans le quartier du Panier où la communauté comorienne est nombreuse. Je ne connais pas dans le détail les liens des Comores avec la France, mais Mariata vit en France depuis quelques années et retourne souvent aux Comores. Je pressens la fonction prédominante de l'oralité dans la transmission culturelle comorienne : les dialogues des comoriens, dans leur langue comme en français, ont la composition d'un chant". Gaëlle Vu.
Mariata a réalisé en 2000, un "Panier Cinéjournal" en compagnie de la cinéaste Gaëlle Vu. Série de films 16 mm de 3 minutes, c'est une oeuvre collective et anonyme des habitants du quartier du Panier à Marseille, initiative de l'association Film flamme. C'est elle qui propose à Gaëlle Vu de faire un autre film.


Gaëlle Vu lors d'une visite de Film Flamme à AATON,<br>fabricant français de caméra cinéma. - 7.9 Ko

Gaëlle Vu lors d'une visite de Film Flamme à AATON,
fabricant français de caméra cinéma.

Communauté vietnamienne. Gaëlle Vu : "Mon père est issu d'une famille de lettrés vietnamiens francophiles. Tuberculeux pendant la guerre d'indépendance, il est venu en France pour se soigner. La langue vietnamienne ne m'a pas été transmise. C'est une langue que les lettrés écrivaient en écriture chinoise, c'est-à-dire en idéogramme, et le cinéma est pour moi un moyen de retrouver cette langue paternelle.
J'ai été productrice de films de création pendant 10 ans avant d'être cinéaste. Je conçois le cinéma comme filiation de l'écriture idéographique chinoise, à la recherche de l'universalité du langage, comme cette écriture qui fût inventée pour des peuples de langues orales différentes".
Gaëlle participe aujourd'hui, dans sa démarche de cinéaste, à fonder le SACRE (Studio Autonome du Cinéma de Recherche), une invitation collective à l'autonomie de réalisation, comme à l'autonomie de diffusion, à la recherche d'un cinéma qui ne soit même plus : "par ailleurs une industrie".


L'OEUVRE

de gauche à droite : la maman de Mariata, le mari de Mariata, Mariata<br>photo extraite du film "La maison de Mariata" - 30 Ko

de gauche à droite : la maman de Mariata, le mari de Mariata, Mariata
photo extraite du film "La maison de Mariata"

"La Maison de Mariata"
Documentaire de création. 70 mn
Auteurs : Mariata Abdallah et Gaëlle Vu
Réalisation : Gaëlle Vu
"La maison de Mariata" est placé sous le signe de l'idéogramme chinois "anh" qu'on peut traduire par paix, calme, repos... Idéogramme formé de deux éléments primaires : le toit, au-dessus de la femme.
La femme est Mariata. Le toit est défini par l'espace où est Mariata : la maison qu'elle construit aux Comores, celle où elle vit en France, celui, imaginaire, où elle et moi, nous parlons en buvant le thé. Espace ouvert au spectateur : il lui est proposé d'y entrer et d'y rester, le temps du film." Gaëlle Vu

*Synopsis (par Patrick Leboutte) :
"La Maison de Mariata conte l'histoire d'un mariage aux Comores, pays où la polygamie est non seulement légale, mais coutumière. Apprenant le prochain mariage de son époux avec une autre femme que sa soeur lui a choisie, Mariata, femme de ménage dans un hôtel à Marseille, décide de l'accompagner au pays pour être présente à ses côtés pendant toute la durée des cérémonies, quelque soit sa douleur.
Les images qu'elle en rapporte ont été tournées par leur fils, sur support vidéo amateur ; ce sont en quelque sorte des images privées, familiales, sans la moindre ambition professionnelle : leur force est celle d'un document brut témoignant de manière inédite d'une culture africaine populaire, musulmane et polygame.
Ces images, Mariata les montre à son amie Gaëlle Vu, cinéaste franco-vietnamienne, habitant comme elle le quartier du Panier. Toutes deux décident d'en faire un film.

A l'arrivée quel est ce film, à ma connaissance sans équivalent ? Sur l'écran : des images VHS gonflées en 35 mm, traces de la souffrance d'une femme répondant au déshonneur par la dignité, filmées par son propre fils dont le choix intuitifs des cadrages vise en permanence à la soutenir. Au son : le chuchotement complice des deux réalisatrices au travail, Gaëlle et Mariata, commentant ces plans au fur et à mesure qu'elles les découvrent ensemble : rencontre inouïe, jamais entendue, entre deux femmes et deux mondes, présences solidaires, jusque dans leur altérité radicale ; dialogue sussuré face aux images, c'est-à-dire depuis notre place de futur spectateur à leurs côtés, avec elles.
Expérience unique d'un cinéma où c'est d'abord l'écoute que l'on partage."


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Construction de la maison de Mariata aux Comores<br>photo extraite du film "La maison de Mariata" - 29 Ko

Construction de la maison de Mariata aux Comores
photo extraite du film "La maison de Mariata"

A Marseille, territoire très particulier où se croisent le passé et le présent de l'immigration, peuvent se croiser l'histoire d'une illettrée comorienne et celle d'une fille de lettré vietnamien. Et de là peut naître un acte cinématographique partagé entre deux cultures, l'une fondée sur l'oralité, l'autre sur l'écriture.

"Ce dialogue avec Mariata qui vit sans écriture m'apparaît aussi comme l'occasion de pousser à l'extrême mes recherches sur la relation entre écriture cinématographique et idéogramme (*). Les idéogrammes de l'écriture chinoise sont formés de pictogrammes représentant des objets naturels ou fabriqués : homme, maison, pied, feu, bois, par exemple. Dans le cinéma, les images sont pour moi, comme dans cette écriture, des éléments de la réalité que j'agence.

La première cassette que Mariata m'a donnée est une vidéo amateur tournée aux Comores pour lui rendre compte de l'avancée des travaux de sa maison. Avec "celui qui sait comment on fait une maison" qui explique, les gens qui arrivent au chantier, des images de travail. Je ne l'ai pas regardé en entier pour ne pas l'abîmer avant la numérisation.

Maintenant, je sais que les comoriens, probablement parce que l'illettrisme est très répandu chez eux, donnent de leurs nouvelles à leur famille en France, par l'intermédiaire de vidéo VHS SECAM. Des sortes de missives. C'est donc un témoignage de leur culture, de l'intérieur, qui est ainsi constitué. Et c'est sur la base de cette matière qu'a été réalisée "La maison de Mariata". Je voulais, dès son projet, pérenniser ce film en le kinescopant en 35 mm.

Aujourd'hui que je sais tout ça, la pertinence m'en apparaît encore plus grande : c'est le point de départ d'un cinéma comorien, les cassettes VHS SECAM vont disparaître par l'usage qui en est fait, et il ne restera pas de trace de ce témoin d'une culture africaine, polygame et musulmane. Cette trace est d'autant plus importante qu'elle est populaire. Seul le cinéma 35 mm peut en permettre la pérennisation à la fois par la qualité physique de son support, mais aussi par la diffusion la plus large.

Enfin, dans ma culture d'origine asiatique, l'écriture est faite d'image, et c'est ainsi que le cinéma est pour moi une écriture. C'est une rencontre inouïe entre cette culture et une culture africaine qui s'écrit par l'image de ces VHS SECAM. Rencontre inouïe aussi entre deux femmes, parce qu'elle sont de culture très éloignée, et que leur dialogue tend à les faire connaître à tous spectateurs, quelque soit sa culture. Le propos, comme la forme tendent vers l'universalité". Gaëlle Vu

(*) Idéogramme (définition du Littré) : nom donné aux signes qui n'expriment ni une lettre ni un son quelconque, mais une idée, abstraction faite du son par lequel cette idée est rendue dans telle ou telle langue. Les chiffres sont des idéogrammes.


L'AGENDA

Affiche "La Maison de Mariata" - 16 Ko

Affiche "La Maison de Mariata"

- samedi 20 septembre 2003 : projection-débat
au Café Julien (Marseille)
dans le cadre de la Cosmophonie "Identités, Parcours & Mémoire"

- 29 mars 2005 : projection-débat
à l'Alhambra Cinémarseille (Marseille)
dans le cadre du séminaire "Identités, Parcours & Mémoire"

- 30 septembre au 2 octobre 2005 : projection
à Aix-en-Provence

- 5 octobre 2005 : projection
au Port (Ile de La Réunion)

- 17 novembre 2005 : projection
à Martigues

- 10 septembre 2006 : projection
au Pharo (Marseille)

- mercredi 11 octobre 2006 à 20h30 : sortie en salle du film
"La Maison de Mariata" de Gaëlle Vu et Mariata Abdallah
(Distribution : Film flamme-Le SACRE)
en présence de Gaëlle Vu, Mariata Abdallah et Jaqueline Eid
au Cinéma Les Variétés (Marseille)
37 rue Vincent Scotto (angle Canebière) 13001 Marseille

- du 13 au 19 novembre 2006 : projection de "La Maison de Mariata"
au Festival Filmer A Tout Prix à Bruxelles

- dimanche 15 avril 2007 à 20h30 : projection
au Cinéma des Cinéastes à Paris
dans le cadre d'une programmation de documentaires sur grand écran.

- du 15 février au 3 mars 2008 (tous les vendredi, samedi, dimanche et lundi)
Sortie nationale du film
au Cinéma La Clef - 21 Rue de la clef - 75005 Paris

- 7 mars 2008 : projection
au Cinéma Le Concorde à Nantes

- Jeudi 13, samedi 15 et dimanche 16 mars 2008 : projection
au Cinéma l'Ariel à Rouen

- du 2 au 22 avril 2008 : projection
au cinéma CNP Terreaux
 – 40 Rue du Président Herriot 69001 Lyon
 – T. 08 92 68 69 33


LA FICHE TECHNIQUE

Année de tournage : 2003
Année de diffusion : 2005
Durée / Running time : 70mn
Producteur / Producer : Film Flamme - S.A.C.R.E
Format de tournage / Screenplay : VHS SECAM
Format de post-production : Montage Vidéo-Tracker
Format de masterisation : 35mm mono
Formats de diffusion : Film 35mm, disponible en vidéo beta SP
Langue originale / Original language : Français et comorien


LES CONTACTS ET LES MENTIONS DE COPYRIGHT

Edition le SACRE (Studio Autonome de Cinéma de Recherche) 2003

Film flamme
1 rue Massabo
13002 Marseille
T./F. 04 91 91 58 23
polygone-etoile@wanadoo.fr
perso.orange.fr/ateliers-filmflamme
www.polygone-etoile.com/?browse=%3Ci%3ELa%20maison%20de%20Mariata%3C/i%3E
aarse.free.fr/realisateurs-vu.html


Retraite
De l'autre côté de la mer
Parole des pierres
Le radeau de la méduse
Hôtel de l'avenir
Mémoires croisées d'Algérie
La Maison de Mariata
Identités, Parcours & Mémoire
La mémoire de l'Ariane
Migrations/Blues

Accueil | Présentation | Projets | Catalogue | Actualité | Médiathèque | Portraits | Ressources | Séminaire | Liens | Contacts | Mentions légales