Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Mémoire de quartier, histoires d’habitants - 8.3 Ko

Projets 2004

CENTRE SOCIAL FRAIS VALLON - Marseille [ Edition ]

Mémoire de quartier, histoires d’habitants

L'AUTEUR

* Frais Vallon et les images : Le Centre Social travaille sur les images et le quartier depuis de nombreuses années :
- 1994 : exposition de 20 photos en noir et blanc "La colline de Frais Vallon, une forêt dans la ville" (Suzanne HETZEL),
- 1996 : 3 photographes, Suzanne HETZEL, Antoine D’AGATA et Isabelle MASSU, effectuent 4 images : intérieurs d’habitants, portraits d’enfants et lieu sportif qui seront affichées sur différents murs en introduction de la semaine "porte ouverte" du Centre Social,
- 1998 : édition de 2 cartes postales (photographes Suzanne HETZEL, Antoine D’AGATA) restituant Frais Vallon comme un réel patrimoine de la ville de Marseille.
- 1999 : portraits d’habitants, par Suzanne HETZEL.
- 2000 : murs d’images sur 4 lieux symboliques, regroupant le travail de Suzanne HETZEL : l’herbier de Frais Vallon , celui de Bruno BOUDJELAL : Frais Vallon la nuit, ainsi que les archives du Centre Social, de Multi-Passions.


L'OEUVRE

* L’histoire du projet : Le Centre Social a fêté ses 20 ans en 1998, c’est l’occasion de commencer un travail de recherche sur notre passé. Immédiatement s’impose l’idée de travailler sur le quartier et son histoire. Il nous semble intéressant de faire parler les acteurs du quotidien : les habitants, ceux d’aujourd’hui, ceux d’avant la cité HLM, ceux qui l’ont quittée, ceux qui y seront fidèles jusqu’au bout, Monsieur GARCIA, nous dira "Frais Vallon, je ne le quitterai jamais, sauf s’il m’arrive quelque chose".

Ce travail de recueil d’histoires, de témoignages est en cours, il mobilise le Président de notre association et la Directrice. Nous engrangeons des histoires de vie, des rencontres, des anecdotes drôles et émouvantes, des remarques sur la vie dans la cité, des réflexions sur les modes de relations qui s’établissent, mais aussi sur le pays d’origine et les raisons du départ... Nous enregistrons des remarques sur la société, sur le travail social, sur le sentiment d’abandon ou sur la fierté d’appartenir à ce quartier. C’est d’une richesse absolue.

* L'intention : Le centre social a souhaité créer un objet à valeur artistique à partir des éléments ainsi engrangés à l'occasion de son 20ème anniversaire. Un objet qui donne forme au cadeau reçu des habitants, une forme visible par tous, au dehors comme au dedans, et qui constitue en même temps une sorte de remerciement pour ce cadeau.

* Le travail à faire : Les enregistrements des interviews et des veillées constituent un matériau considérable et profus, peu transmissible en l'état.
L'idée est celle d'une édition mettant en regard les travaux de photographie au long cours réalisés à Frais Vallon par l'artiste Suzanne HETZEL et l'histoire, les histoires, des habitants du quartier.
Notre projet consiste donc dans la mise en forme du Frais Vallon raconté et du Frais Vallon regardé. À savoir : d'une part, un choix et une organisation du discours photographique, d'autre part une sélection et une réécriture des histoires, enfin une composition de l'ensemble pour en faire un objet unique, même s'il est à facettes multiples.

* Les récits : Le travail de réécriture demande la transcription d'heures et d'heures d'écoutes. Pour cette première phase du travail, le principe retenu a été celui d'une fidélité totale à la parole des personnes, avec y compris les "heuh" et les "hé bé". Comme la totalité des entretiens, cette retranscription minutieuse a déjà été réalisée (en particulier par Pierre Prouvèze, instituteur à la retraite, président du centre social).
Ensuite, dans une deuxième phase, cette transcription a été travaillée par l'auteur (Chantal Deckmyn) à la façon d'un plat qu'on prépare : on commence par trier et éplucher ce qu'on a entre les mains : enlever justement certains "heuh", les répétitions, les débuts d'histoires inachevées, etc.
Puis, troisième phase, un choix est opéré dans la multitude d'évènements racontés, pour qu'ils constituent à proprement parler un "recueil", qu'ils donnent au lecteur une vision multiple et colorée à travers le temps de la cité vivante, en restant fidèle au ton et à la "vérité" de ce lieu. Le parti a été pris de privilégier cette forme, une addition de petites "nouvelles", plutôt que celle, qui a aussi été envisagée, de biographies successives d'habitants ; nous avons préféré mêler leurs vies dans le shaker, bien secouer, et sortir leurs pépites, les unes à côté des autres pour évoquer la cité.
Le mode d'écriture retenu (ou si l'on préfère la création et la cuisson du plat, c'est la quatrième phase) est issu de deux tentatives simultanées, parfois un peu contradictoires : respecter au plus près le ton, le rythme de parole propre à chaque personne, ses expressions, parfois ses inventions verbales, et donner un texte écrit, s'inscrivant dans la tradition d'une écriture non pas journalistique mais, disons littéraire.
La cinquième phase, qui concerne la mise page et le parti éditorial, ne sera définitive qu'une fois composé le discours des images, qui ne sont pas ici dans un statut d'illustration. Néanmoins, une maquette a déjà été réalisée qui donne une direction d'ensemble et permet d'anticiper et de "calibrer" la forme finale de l'ouvrage

* Les photos : Les différentes campagnes photographiques réalisées à Frais Vallon depuis 1992, date à laquelle le bâtiment D a été démoli, ont souvent été pensées par les photographes comme des unités, c’est à dire que le regard était posé à l’intérieur de champs facilement identifiables comme producteurs de sens : le bâtiment D, ou la colline, les habitants d’un seul bâtiment, la nuit, les archives, etc.
En même temps que les enregistrements d'entretiens, la photographe Susanne Heztel est partie pour la première fois dans l'idée de marcher et de photographier dans la cité toute entière. Mais peut-on restituer la cité en une seule image ? La réponse, négative, à cette question contient de fait une première proposition formelle : il s'agit alors d'assembler, de juxtaposer des images et de proposer une lecture en plusieurs plages.
Les images faites à l’intérieur des appartements sont le moment où la photographe peut passer d’une motivation et d’une sensibilité au départ très personnelle et subjective, à un champ où il est question du collectif. On peut ainsi voir des agencements d’affaires personnelles juxtaposés à des images d'ensembles architecturaux. Et la question se dessine alors de la façon dont s'articulent le dehors et le dedans, de l’espace intime interrogeant l’espace public et réciproquement.

* Un livre : Le "livre" a semblé le plus à même de répondre au souci d'une diffusion hors de Frais Vallon, non seulement pour contrer la tendance localiste dans laquelle la forme même de la cité tend à enfermer toute production de mémoire, mais aussi pour l'intérêt et le plaisir de communiquer à d'autres, des personnages, des paroles et des évènements si riches, magnifiques, émouvants, drôles. La forme d'un livre a donc été retenue en premier objectif. Son l'édition pourra être accompagnée d'une exposition.
La question était d'obtenir autre chose qu'un livre de photos accompagnées d'un commentaire ou un livre de récits illustrés par des images. Il fallait que l'ouvrage porte les deux discours, celui de l'image et celui du texte, comme équivalents et complémentaires.
Les éléments du discours photographique, une série de diptyques, proposaient déjà leur sens propre puisqu'ils se présentent chacun sous la forme d'une mise en relation de deux perspectives, de deux focalisations. Cette allure "par deux" entraînait assez naturellement vers une présentation sortant des formats classiques, une présentation "en largeur" qui semblait elle-même impliquer un format à l'italienne, ou un format carré, formats eux-mêmes évocateurs de livres particuliers, sinon de "livres objets", au moins, souvent, de livres d'images. Pour éviter ce marquage, le choix a été fait d'une mise en vis-à-vis, sur la page de gauche et sur la page de droite, des images du diptyque, ce qui a permis de retrouver un format plus ordinaire, et d'offrir une place équivalente à chacun des discours.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Mémoire de quartier, histoires d’habitants se propose d’interroger Frais Vallon :
- celui d’hier comme celui d’aujourd’hui,
- celui du bâti, du béton, de la verticalité comme celui de la colline et des anciennes fermes,
- celui de la migration venant d’un pays lointain à travers une ville, un quartier,
- celui du départ d’un bidonville à l’arrivée dans l’eldorado du confort moderne,
- celui de l’expérimentation sociale, des chargés de mission, des dispositifs, des "états généraux", des visites de ministres et autres politiques à chapeau,
- celui où un habitant moud et brûle son café en pied de bâtiment...
C’est l’occasion de poser des questions, de prendre le temps et le plaisir d’y répondre. C’est l’opportunité d’interpréter un quartier et ses lignes de vie. C’est l’occasion d’écrire et réécrire les faits et l’histoire qui se construit grâce aux habitants. C’est l’occasion d’enclencher des réflexes citoyens, de favoriser la réflexion sur l’organisation de la cité.

Parallèlement, nous organisons de veillées, espace dans lequel les histoires se croisent, se découvrent, s’enrichissent au gré du partage, de la communication qui s’instaure.

* Pourquoi le Centre Social de Frais Vallon s’est-il engagé dans ce travail ? : Il nous semble que le recueil d’une histoire personnelle et commune est le terreau de l’histoire que l’on vit aujourd’hui.
Ce n’est pas nostalgique, les témoignages sont heureux. La relecture d’une histoire permet la mise en perspective de l’évolution que ce soit celle du Centre Social ou bien celle du quartier.
C’était aussi se ménager des occasions de paroles.
L’effet de ce travail : cela fait remonter une épaisseur d’histoire qui donne sa couleur au Centre Social.
Aujourd’hui, comme la veillée est un outil qui permet de renvoyer, et faire résonner la parole, l’écrit est l’occasion de renvoyer ce travail auprès des habitants du quartier et d’ailleurs !
Ce n’est pas un objet de mélancolie, mais une incitation à continuer !


LES CONTACTS

Centre Social Frais Vallon
Andrée Antolini, Directrice

53 avenue de Frais Vallon
13013 Marseille
T. 04 91 66 79 35
F. 04 91 66 55 41
centresocialfraisvallon@wanadoo.fr


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