Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Avec l'expression de ma Kabylie distinguée - 4.9 Ko

Projets 2004

THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE - La Ciotat [ Spectacle vivant - Théâtre ]

Avec l'expression de ma Kabylie distinguée

LES AUTEURS

• Le Théâtre du Nouveau Monde a été créé en 1993 au Théâtre de l'Epée de Bois (Cartoucherie de Vincennes à Paris) sous l'égide de Smaël Benabdelouhab où il avait exercé durant plusieurs années. Très vite, la compagnie acquiert, grâce à son expérience du théâtre dans la rue, la pratique des jeux de tréteaux et affirme sa propre expression par l'utilisation du masque et du mime, et par l'union qu'elle fait avec les autres arts tels que, la danse et la peinture par exemple. Les scènes reflètent de véritables tableaux vivants dynamisés par un jeu d'acteur énergique et expressionniste délivrant les oeuvres de tout réalisme psychologique.

C'est aussi une relation au public forte que les comédiens instaurent, les prenant à partie, faisant de lui un interlocuteur. La compagnie s'est inspirée du théâtre de farce dont les origines remontent à l'Antiquité et qui s'est fortement répandue au moyen âge. Ainsi étaient présentés, en salle comme en plein air, un cycle de farces du moyen-âge, une création qui en découlait, Bonaventure, puis celles de Molière : La jalousie du Barbouillé, Le médecin volant et Les précieuses ridicules qui ont été créées en Languedoc-Roussillon où le Théâtre de Nouveau Monde était accueilli en résidence par le comité d'entreprise d'EDF-GDF en 1995. Sur les traces de Molière, les comédiens jouent dans toute la région puis s'installent à Montpellier de 1998 à 2000 et se consacrent à deux créations de Michel De Ghelderode :"Le ménage de Caroline" et "La balade du grand macabre", ainsi qu'à un spectacle cabaret de Karl Valentin : "Sortie au théâtre". La dimension de la farce atteint son apogée avec en toile de fond, la tragédie et la cruauté.

Avec Les explorateurs de J.P. Pélaez, créés en 2001 pour le Théâtre de Béziers, la compagnie voyage au coeur des éléments et de la conscience humaine dans un décor lunaire et irréaliste en interprétant ces étapes du cheminement de la pensée dans une tonalité naïve, pour mieux mettre en relief l'absurdité de l'existence.

C'est en 2002, avec l'accueil de le troupe en résidence à La Ciotat que s'amorce un travail sur la conception multiculturelle d'une oeuvre. Attentif à la notion de nouvelle culture pouvant apparaître à partir de plusieurs horizons différents, le metteur en scène s'attache, dans Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux à dépasser le stade du choc des cultures afin de travailler sur l'harmonie et les singularités pouvant émerger du métissage.

Toujours dans cette optique, et avec pour point de référence, la mémoire et l'identité, un nouveau spectacle verra le jour pour la saison prochaine : Avec toute l'expression de ma Kabylie distinguée de Moussa Lebkiri.

Le Théâtre du Nouveau Monde est accueilli à La Ciotat depuis juillet 2002, dans le cadre d'une résidence d'artiste où il dispose d'un lieu de création (théâtre St Jacques). La compagnie oeuvre principalement dans deux domaines : la Création et la formation.

La création intègre, la production, la réalisation et la diffusion d'oeuvres théâtrales classiques et contemporaines au rythme d'un à deux spectacles par an, destinées à être tourner au niveau régional, national et international.

Le Théâtre du Nouveau Monde a proposé au Théâtre du Golfe de La Ciotat, deux spectacles pour la saison 2002 et en présentera deux autres pour la saison 2003 ainsi que pour 2004. Ces spectacles font l'objet d'une activité pédagogique en parallèle, destinée aux écoles et lycée de La Ciotat et aux participants des divers ateliers-théâtre qu'assurent la compagnie.

• L'auteur : Moussa Lebkiri est né en 1952 en Algérie, à Beni-Chebana, petit village kabyle qu'il quittera à neuf ans pour retrouver son père à Paris. Comédien, conteur, metteur en scène et auteur depuis 1976, date à laquelle il crée la compagnie de théâtre Nedjma.

Il est souvent l'auteur des pièces qu'il joue, notamment Une étoile dans l'œil de mon frère qui séduit le public et qui lui vaudra un franc succès au Mai Théâtral de Strasbourg, où il remporte un prix ; ou encore ses autres spectacles Et moi je suis resté comme une chaise prix du meilleur texte à Cannes et Le jardin des roses et des soupirs, adaptation des contes érotiques arabes des XIIIème et XVème siècles, création au Festival d'Avignon en 1998. Plusieurs de ses ouvrages : Il parlait à son balai, Prince Trouduc en panache, Règlements de contes, Le Voleur du roi, Bouz'louf Tête de mouton ont été publiés aux éditions l'Harmattan, Lierre et Coudrier.

• La chorégraphe : Saliha Bachiri est une danseuse contemporaine issue de l'école Françoise Dupuy, spécialisée dans les danses du Maghreb. En 1987, elle fonde la Compagnie Mistouta. Elle danse et chorégraphie pour le groupe Djurdjura, le Festival National de la jeunesse algérienne… En 1999, elle crée dans le cadre du Festival "Couleurs Berbères" de Nanterre l'une devenant la mémoire de l'autre, un spectacle où la danse kabyle et la danse contemporaine fusionnent. Saliha BACHIRI enseigne depuis une quinzaine d'années sa passion des danses traditionnelles à Paris.


L'OEUVRE

Photo du spectacle "Avec l'expression de ma Kabylie distinguée". - 16 Ko

Photo du spectacle "Avec l'expression de ma Kabylie distinguée".

L'univers poétique qui se dessine à travers le travail d'écriture de Moussa Lebkiri s'inspire du conte et de la vision baroque qu'il a de ce monde. Un monde qui l'a vu naître et passer son enfance avant de rejoindre avec sa famille la France. Au-delà de la tragédie qui frappe la Kabylie et plus largement toute l'Algérie, c'est un regard sans plainte, ni misérabilisme qu'il donne à l'histoire. Une partition théâtrale à la fois narrative par l'intervention d'un clown conteur et agissante au niveau des actions qui déterminent le comportement des protagonistes de la pièce.

Un immigré raconte sa vie, son enfance, sa petite Kabylie berceuse qu'il n'a jamais oubliée. Après trente-cinq ans d'exil, muni d'un magnétophone à cassettes, il retrouve son village, ses montagnes et va à la rencontre de ses anciens voisins, de ses amis d'enfance…

L'ambiance d'une petite djema (placette de quartier où les hommes du village ont l'habitude de se réunir) située en avant-scène, et les paysages des montagnes du Djurjura en projection en fond, nous place d'emblée au cœur de la Kabylie haute en couleurs. Ce parti-pris qui intègre le cinéma au théâtre évoque la vision imaginaire de toutes celles et tous ceux dont les parents ont immigré et qui pour diverses raisons n'ont jamais vu l'Algérie. L'idée qu'ils se font du pays se réfère bien souvent à des représentations purement imaginaires, une vision qu'ils se sont construites d'après ce qu'ils ont vu, entendu au cinéma ou à la télévision.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

L'année consacrée à l'Algérie est l'occasion que nous saisissons pour approfondir ce travail orienté sur le thème de l'interpénétration des cultures et qui, dans ce cadre particulier, offre l'opportunité d'expérimenter artistiquement ce principe de fusion multiculturelle à partir d'une œuvre théâtrale issue de deux horizons : kabyle et français.

En collaboration avec des artistes kabyles, mais aussi iraniens et français, nés et élevés en France pour la plupart, le Théâtre du Nouveau Monde propose de mettre en scène une pièce de Moussa LEBKIRI intitulée : Avec toute l'expression de ma Kabylie distinguée, un spectacle (en finalisation d'écriture) qui verra le jour à décembre 2004 à la Ciotat pour être joué à la Cartoucherie de Vincennes au Théâtre de l'Epée de Bois et dans le cadre de la programmation du Théâtre Municipal de La Ciotat, ce spectacle s’accompagne d'un ensemble d'actions culturelles destinées à découvrir ou mieux faire connaître cette région d'Algérie (conférences, spectacles de danse contemporaine kabyle, concerts, contes et lectures de textes d'écrivains berbères,etc...).

L'écriture de Moussa LEBKIRI n'est pas à proprement dit une écriture kabyle, elle n'est pas non plus une écriture française, elle recèle les deux à la fois. La parole restituée sur scène est le produit d'une poétique subtile que LEBKIRI a su tirer du langage enchevêtré de deux langues: un bilinguisme oral qui caractérise le parler d'un bon nombre d'immigrés maghrébins. Ce travail d'écriture original met en scène l'histoire ou plutôt le destin d'un immigré kabyle, Mohamed, qui, de sa chambre, revisite grâce au "fil ténu" de sa mémoire, sa petite Kabylie berceuse.

Le travail de mise en espace de cet univers insolite se décompose en trois parties symboliques : l'espace de la narration du voyageur immobile, une chambre ou un lieu de solitude qui permet d'établir une distanciation vis à vis du monde imaginaire qui compose le second espace dit "espace kabyle", le plus vaste sur la scène. C'est de ce dernier que naîtra le théâtre de ses souvenirs avec tous ses personnages. Le troisième lieu, des écrans de cinéma installés en triptyque en fond de scène, projettent les visions inconscientes du voyageur, des souvenirs-flash, des archives disparates familiales ou sociales, ou simplement les couleurs de ses différentes pulsions.

Ce que nous appelons communément "le choc des cultures" résulte d'un état de crise qui pour diverses raisons (philosophiques, religieuses, éthiques, politiques ou économiques) opposent les cultures entre elles et dont les causes sont le plus souvent liées à une réaction défensive de la part de certaines qui refusent de se laisser dominer par d'autres plus puissantes, sous peine de se voir disparaître. Des rapports conflictuels qui à l'échelle planétaire engendrent encore aujourd'hui des situations particulièrement tragiques notamment, lorsque l'onde de choc prend un caractère belliciste et contraint des peuples entiers à s'engager sur les sentiers de la guerre. Le choc des cultures est une constante qui a toujours pesé sur l'histoire de nos sociétés. L'esprit de conquête et de domination qui jadis permit aux civilisations les plus puissantes de s'approprier par la force des territoires et des richesses appartenant à des peuples économiquement ou/et militairement plus faibles, constituait un des paramètres les plus évident pour comprendre les crises profondes qui ont longtemps séparer les cultures.

Le Théâtre du Nouveau Monde espère collaborer avec ces dernières pour créer dans les deux ans sur Marseille ou ses environs les premières fondations d'une structure relais, basée sur le thème de l'interpénétration des cultures, au plan de la création artistique, de la diffusion et de la formation.

Ce spectacle tout public a pour objectif de sensibiliser le public français et algérien au lien intrinsèque qui relie leur Histoire.

Ce projet sera aussi l'occasion pour le Théâtre du Nouveau Monde de faire part au public des perspectives à venir concernant les liens créés avec le Théâtre de Bejaïa et le Centre Culturel de Tizi Ouzou et qui, à terme, devraient déboucher sur un partenariat permanent entre ces deux villes algériennes et les structures artistiques résidant en France et impliquées dans le projet.

Ce pont culturel permettra de mener un certain nombre d'actions sociales et artistiques : créations artistiques communes, mise en place d'un réseau de diffusion et de relais comprenant le Théâtre de Bejaïa pour l'Algérie, le Théâtre de l'Epée de Bois pour la région parisienne et le Théâtre du Nouveau Monde pour la région PACA, trois principales bases d'accueil. La création d'une structure de formation franco-algérienne destinée à former des jeunes artistes algériens aux arts de la scène et au perfectionnement des professionnels algériens du spectacle vivant, grâce à la mise en place de stages spécialisés.

"Avec toute l'expression de ma Kabylie distinguée" inaugure donc un projet beaucoup plus vaste qui nécessite un soutien, voire un engagement effectif de la part des pouvoirs publics des deux pays. C'est la raison pour laquelle nous sollicitons une attention particulière de la part du ministère de la culture ainsi que celle d'organismes chargés de promouvoir la culture française à l'étranger comme l'AFAA et des institutions publiques de la région PACA.

Le Théâtre du Nouveau Monde espère collaborer avec ces dernières pour créer dans les deux ans sur Marseille ou ses environs les premières fondations d'une structure relais, basée sur le thème de l'interpénétration des cultures, au plan de la création artistique, de la diffusion et de la formation. Le soutien de l'ensemble de ce projet passe nécessairement par celui qui nous sera apporté pour la réalisation de la pièce de Moussa LEBKIRI. Celle-ci ouvre en effet un champs d'expérimentation particulièrement intéressant tant pour l'écriture que pour un type d'expression originale de théâtre fondé sur la fusion des arts vivants et des cultures.


L'AGENDA

Affiche de la 1ère de la représentation - 20 Ko

Affiche de la 1ère de la représentation

• de septembre à janvier 2004 : écriture et finalisation du texte.

• de janvier à août 2004 : regroupement mensuel de l'équipe artistique et technique de la production. Fabrication des décors et du dispositif scénique, achat des équipements, démarrage du travail de communication.

• de septembre à novembre 2004 : montage final de la mise en scène. Répétitions avec les acteurs et les chorégraphes. Trois représentations du spectacle à la mi-novembre au Théâtre du Golfe.

• 16 septembre 2006 :
prémière de la pièce à l'Espace Julien (Marseille).

• Tournée en 2007 à Nanterre, Paris, Montpellier.


LES CONTACTS ET LES MENTIONS DE COPYRIGHT

Compagnie du Théâtre du Nouveau Monde avec le soutien de la Ville de La Ciotat et du Conseil Régional Paca. Collaboration d'associations et d'artistes kabyles…


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