Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Echappées d'être(s) - 5.4 Ko

Projets 2004

THÉÂTRE DE LA MER - Marseille [ Spectacle vivant ]

Echappées d'être(s)

L'AUTEUR

Depuis plusieurs années, le Théâtre de la Mer s'interroge sur les questions d'identité liées aux parcours migratoires tant à travers des textes de théâtre (Driss Chraïbi, Kateb Yacine, Tahar Benjelloun…) qu'à travers des spectacles transmettant des extraits d'interviews de personnes issues de l'immigration (Baisers d'Hirondelles, Drôles d'Oiseaux, Je(ux) de Dames, Atouts Cœurs…).
Implanté au cœur du 14ème arrondissement de Marseille, il développe un théâtre de proximité : à partir d'une dynamique de création centrée sur l'exploration de la mémoire individuelle et collective, l'acte théâtral s'inscrit au cœur des quartiers, et travaille à l'émergence d'une culture authentique dans l'espace urbain.


L'OEUVRE

Affiche de Juliette(s) & Roméo(s) en prélude à Echappées d'être(s) - 4.2 Ko

Affiche de Juliette(s) & Roméo(s) en prélude à Echappées d'être(s)

* Du blues des cités au "déficit d’amour"… :
Ce projet fait suite au travail mené de 2001 à 2003 auprès des populations de 4 sites marseillais à travers MIGRATIONS/BLUES, travail qui par-delà les questions identitaires a mis en évidence la/les difficultés à affirmer des parcours individuels et de couples dépassant les contraintes de l’appartenance au groupe quel qu’il soit.

Cette force souvent négative du contexte familial, culturel ou social, certains - les gitans - l’ont même intégré au point de lui trouver une "solution" admise par la coutume : quand un jeune couple se trouve confronté à l’interdiction de se marier par la/les familles, il a recours à "l’échappée", autrement dit, la jeune fille peut fuguer et contraindre ainsi les familles à accepter le mariage pour respecter le code de l’honneur lié à la virginité… Ce qui frappe à ce niveau, ce sont les regards presque envieux de certaines jeunes filles qui "appartiennent" à d’autres coutumes et traditions !

*… ou la sempiternelle difficulté à vivre une histoire d’amour ! :
Ces entraves à l’épanouissement dans la vie affective ne sont pas spécifiques aux cités ni à notre époque… L’histoire de l’humanité s’est construite en partie là-dessus. Nulle surprise donc à trouver traces de ces petites et grandes batailles dans les répertoires de théâtre classique et contemporain ou dans les traditions orales et poétiques de toutes cultures : que de points communs par exemple entre Roméo et Juliette et Majnoun et Lëila !

* Faire résonner / raisonner les couples d’hier et d’aujourd’hui :
Ce projet vise donc à mettre en perspective les rapports amoureux de jeunes d’aujourd’hui avec la manière dont les poètes du monde les ont abordés au fil du temps, en particulier Shakespeare avec son ROMEO ET JULIETTE.

* Incarner les lieux de passages :
Les espaces de passages ouvrant aux rebonds de l’amour sont comme des échappées : ils échappent souvent à notre compréhension analysante.
Ceux qui les vivent échappent au contrôle du clan, à la norme en vigueur. Trouver ces passages dans la vie, c’est échapper aux contraintes extérieures, faire place aux langages des sentiments et leurs laisser prendre corps et voix.

Dans une société de plus en plus faussement détachée de ses préjugés, en réalité enfermée dans des codes de conduites contraignant même quand ils prétendent "libérer", en ces jours où il redevient nécessaire de défendre pied à pied l’espace de l’individu en regard aux règles édictées par les groupes, "échapper" aux codes reconnus devient un enjeu pour l’être.

Ces échappées d’êtres peuvent et doivent s’inscrire dans le sens, mais elles ne feront pleinement effet de déplacement que si le sens est soutenu par une forme également subversive. Cet amour ne peut s’imaginer sans la force première du désir, donc du corps dans son omniprésence et dans sa légèreté évanescente. C’est pourquoi nous souhaitons accompagner le processus de création d’un travail avec des danseurs et/ou des comédiens-danseurs de manière à atteindre la dimension subversive du désir en faisant danser les corps mais aussi le corps du texte.

Parallèlement, cette recherche sur le corps du désir sera complétée par une investigation visant à rendre présentes les différentes voix du désir et leurs rythmes conjugués. D’où la aussi la nécessité de mettre en place une équipe artistique capable de soutenir techniquement ces voies de recherches.

* Les objectifs de l'action sont multiples :
Créer les espaces concrets propres à l’interrogation du réel par le poétique et au questionnement du poétique par le réel.
Chercher cet espace de questionnement là où on peut le présupposer le plus contradictoire, en tout cas le plus signifiant, autrement dit là où le théâtre, le texte, l’écrit et encore plus l’écrit poétique sont, à priori, perçus comme des corps étrangers au quotidien.
S’appuyer sur une écriture dramatique forte pour repousser les limites posées par les replis identitaires et faciliter ainsi une ouverture au monde, au sens par la confrontation à la dynamique de création.
Investir l’acte de création comme un élément susceptible de stimuler les échanges entre populations cloisonnées culturellement, sociologiquement et économiquement : mettre en perspective, faire résonner, chercher les liens sensibles entre des vécus trop souvent englués dans un ordinaire qui tend à reproduire les échecs, trop souvent aussi enfermés par le regard des autres.
Créer du lien par-delà les différences car le "mal d’amour" est universel en suscitant des connivences, des complicités, en révélant des fonds communs entre des couples qu’apparemment tout oppose.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

Carole Errante & Akel Akian dans Juliette(s) & Roméo(s) en prélude à Echappées d'être(s) - 5.3 Ko

Carole Errante & Akel Akian dans Juliette(s) & Roméo(s) en prélude à Echappées d'être(s)

* Au centre du processus, "Roméo et Juliette" :
Il s’agit de créer (re-créer puisque Akel Akian a monté ce texte en 1991) la pièce de Shakespeare en "autorisant" les expériences faites en amont à prendre toute leur place dans la conception et la réalisation artistique de la mise en scène du texte initial.
Si la question est "Qu’est-ce qui nous parle aujourd’hui dans cette histoire et comment pouvons-nous la parler au-delà des frontières du/des publics acquis au respect des textes d’auteurs ?", alors nous devons ré-investir le texte dramatique de toute la force de questionnement du réel/de réels différenciés et ne pas hésiter, au vu des réalités de terrain, à déplacer, si nécessaire, les points d’assemblage du texte pour mieux le mettre en résonance avec le monde contemporain.

*A la périphérie de l’œuvre ou en son centre, la fulgurance du réel, aujourd’hui, tout à côté de nous… :
… Ce qui veut dire que, peut-être, le texte de Shakespeare résistera fort bien aux coups de boutoirs du terrain et à ce moment-là, nous choisirons de le préserver dans son authenticité… Mais si les renvois en proximité nous en montraient la nécessité, nous serions amenés à "interpréter" au sens fort du terme le texte de Shakespeare de manière à nous assurer que son sens parvienne au mieux au plus grand nombre de spectateurs les plus différents.

Ce questionnement de l’œuvre de Shakespeare n’est ni une remise en cause de son contenu -d’une actualité et d’une pertinence toujours aussi fulgurantes- ni de sa forme –d’une vigueur poétique rarement atteinte depuis.

Non, il convient plutôt d’interroger notre monde -et plus particulièrement les fractures qui le traversent- dans son incapacité à dépasser les replis identitaires sur les clans d’un côté et de l’autre, dans ses difficultés à dégager pour tous un accès, des accès multiples aux voies de la poésie, à l’écoute et à la perception sensible des mythes fondateurs de nos mondes aujourd’hui affolés par trop de pertes, pertes de sens, pertes de repères, pertes d’ouvertures sur des avenirs partageables.

Par-delà les rebonds individuels que ces jeux pourront susciter, c’est la quête de l’exploration des différentes passes et impasses de l’amour aujourd’hui et maintenant qui est l’enjeu dans ce projet. Quels sont les lieux où il est possible de vivre dégagé des contraintes de l’appartenance à un nom, donc à un groupe sans pour autant renier ce clan, donc son rapport à l’origine, de manière à pouvoir pleinement rentrer dans le jeu de la vie, donc de l’amour et au-delà, de la présence au monde/aux mondes dans leurs diversités appréhendées non comme lieux de conflits mais comme richesses à partager.


L'AGENDA

Ce projet comprend trois phases de travail qui s’articulent en amont et en aval de la création/interrogation du ROMEO ET JULIETTE de Shakespeare :

* En amont :
• un travail en proximité proposant, sous forme de théâtre en appartement, des scènes des répertoires classiques et contemporains tirés et des cultures occidentales et des cultures arabes avec une ouverture particulière aux traditions sonores gitanes.
• une investigation autour des thèmes de l’amour et du couple avec les populations concernées sous forme d’ateliers d’improvisation, de théâtre, d’écriture… ou sous forme de recueil de témoignages de vécu.

* Au centre, la création de ROMEO ET JULIETTE :
Il s’agit de créer (re-créer puisque Akel Akian a monté ce texte en 1991) la pièce de Shakespeare en "autorisant" les expériences faites en amont à entrer concrètement en résonance avec le texte sous des formes qui pourront aller d’une interprétation utilisant accents, langues, expressions, rituels, chants… issus du travail en proximité à l’introduction de témoignages de vécus, voire même à la réécriture de certaines scènes.
La question pourrait être «Qu’est-ce qui nous parle aujourd’hui dans cette histoire et comment pouvons-nous la parler au-delà des frontières du/des publics acquis au respect des "belles lettres de notre bel Occident" ? »

* En aval :
Enfin, un retour en proximité pour irriguer à nouveau les interrogations des publics et, en s’appuyant sur les impacts de ce texte poétique, déplacer les points d’assemblages de pratiques culturelles ancrés dans un immobilisme lié aux replis identitaires.

* février 2004 : la reprise de "Atout cœurs" à l’ECB sera l’occasion de relancer les contacts de terrains et de faire un travail spécifique en direction des hommes qui sont généralement un peu sur la défensive.
* mars 2004 : présentation sur les sites du spectacle "Le raciste" par le groupe "Notre compagnie" (atelier des jeunes de Frais Vallon), spectacle qui actualise sous une forme classique puisque écrit en vers mais situé dans une cité, le mythe de Roméo et Juliette.
* avril-mai 2004 : spectacle en appartement, scènes de répertoire sur les conflits amoureux.
* mai-juin 2004 : travail différencié selon les sites avec les populations pouvant aller d’ateliers d’improvisation à des ateliers d’écriture en passant par le recueil de témoignages.
* octobre-novembre 2004 : restitution en proximité des travaux du printemps.
* novembre-décembre 2004 : regroupement synthétique des travaux dans un lieu de théâtre
* en perspective 2005 : re-création de ROMEO ET JULIETTE.

* du 4 au 25 mars 2005 : Le Théâtre de la Mer fête ses 25 ans !
à l'Espace Culturel Busserine - Rue Mahboubi Tir (ex. bd Jourdan Prolongé) 13014 Marseille
Renseignements / réservations : 04 91 58 09 27

vendredi 4 mars : Conférence de presse (16h30) - Inauguration de l'exposition (18h) - Lecture : "jeux de poésie et de langues" de Mahmoud Darwich avec Christiane Cayre, Akel Akian, Michel Berthelot (19h)

LE RACISTE de Patrice Isnard ou Comment des amateurs de Frais Vallon : atelier-théâtre "Notre compagnie" s'emparent d'un texte contemporain écrit en alexandrins pour faire exploser dans le rire le racisme au quotidien.
mise en scène : Frédérique Fuzibet.
Représentations les : Vendredi 4 mars à 21h - Samedi 5 mars à 21h

MENAGES EN SCENES ou Comment l'atelier-théâtre du groupe de femmes "Tout autour de nous" s'approprie la question du couple en confrontant improvisations sur les vécus et théâtralité d'un texte de Dario Fo et Franca Rame.
mise en scène : Frédérique Fuzibet
Représentation le Vendredi 11 mars à 21h

CAMOMILLE ou Comment, à Rome, trois amies approchant de la trentaine partent en quête de "l'âme soeur" en suivant scrupuleusement les conseils avisés du docteur Thyroïde, présentateur télé pour le moins farfelu, et d'un étrange psy né tout droit de leur imagination.
mise en scène : Akel Akian.
Représentation le Samedi 12 mars à 19h

HOMMAGE A MOHAMMED DIB : lecture de textes initiée par le CIDIM
avec Carole Errante et Akel Akian
Les : Jeudi 17 et Vendredi 18 mars à 19h

LES ORANGES d'après Aziz Chouaki (création) ou Comment un texte tranche en plein dans les racines d'une actualité mordante, au fil tendu de l'histoire conflictuelle de l'Algérie.
A propos d‚un pays où le sang a la fâcheuse tendance à remplacer le verbe, où sourire devient un acte de courage, c'est un conte entre ironie acerbe et désespoir qui restitue la mémoire d‚un peuple, ses errements, ses espoirs et ses peines. " Alger. Un homme est à son balcon. De cette fenêtre, il nous conte son quartier, de la colonisation à l'indépendance puis au chaos et à la mort "
mise en scène : Akel Akian
avec : Belkacem Tir
Représentations les : Samedi 12 mars à 21h - Mardi 15 mars à 21h - Jeudi 17 mars à 21h - Vendredi 18 mars à 21h - Samedi 19 mars à 19h - Mardi 22 mars à 21h

LES EMIGRES de Slawomir Mrozek (création) ou Comment un texte porté par des comédiens "nés au quartier" retrouve une actualité touchante et une acidité libérée de faux semblants !
"Dans une capitale quelconque du monde riche, deux hommes, deux déracinés, passent ensemble le réveillon de Noël. L‚un est un intellectuel révolté, l‚autre un travailleur roublard mais docile. Au cours de cette longue veillée, c‚est un suspense qui se tend jusqu‚à un point de rupture dont nul ne sortira indemne."
mise en scène : Frédérique Fuzibet
avec : Djamel Adrar et Wahibi Habita-Messad
création son : Michel Kania
costumes : Nicole Mandil-Autard
Représentations les : Samedi 19 mars à 21h - Mardi 22 mars à 19h - Mercredi 23 mars à 21h - Jeudi 24 mars à 21h - Samedi 25 mars à 19h

AMOURS, TOUJOURS ?!? (création) ou Comment les mythes de la littérature, de Shakespeare à Jon Fosse, interrogent les couples, les relations amoureuses, l'amour au quotidien dans le monde d‚aujourd'hui, dans les cités ou ailleurs.
mise en scène : Akel Akian
avec : Carole Errante et Akel Akian
Représentations les : Mercredi 23 mars à 19h - Jeudi 24 mars à 19h

Et le Vendredi 25 mars à 21h
SOIREE CABARET SURPRISES ou Comment tous les artistes, comédiens, danseurs, chanteurs,... qui ont irrigués une démarche de création multiple s'associent pour une soirée exceptionnelle de partages, de souvenirs tournés vers un avenir appelant toujours de nouvelles rencontres.

* 24 septembre 2005 à 19h : Cosmophonies 2005 Identités, Parcours & Mémoire
au Café Julien 39 cours julien 13006 Marseille

* 26 septembre 2005 à 15h :
Lycée Victor Hugo/Marseille (Réservé au scolaires).

* 28 septembre 2005 à 15h30 :
Maison Pour Tous Kléber (Marseille).

* 1er octobre 2005 à 10h :
Lycée Victor Hugo/Marseille (Réservé au scolaires).

* 5 octobre 2005 à 17h :
Foyer des Jeunes Travailleurs Palestro.

* 11 octobre 2005 à 20h :
... en famille chez un particulier (sur invitation).

* 18 octobre 2005 à 14h :
Centre Social Baussenque (Marseille).

* du 7 au 15 avril 2006 :
La Minoterie - Théâtre de la Joliette
9/11 rue d'Hozier - 13002 Marseille
www.minoterie.org

* le 26 octobre 2007 :
Théâtre Comoedia
Cours Maréchal Foch - Rue des Coquières - 13400 Aubagne
04 42 18 19 88


LES CONTACTS

 

Théâtre de la Mer
53 Rue de la Joliette
13002 Marseille
T. 04 91 02 50 97
theatredelamer@free.fr


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