Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques
Ici finit l'exil - 5.9 Ko

Projets 2007

SHELLAC SUD - Marseille [ Audiovisuel ]

Ici finit l'exil

L'AUTEUR

© Kyié Simon Luang : Lettre Lao - 13 Ko

© Kyié Simon Luang : Lettre Lao

KYIÉ SIMON LUANG est de ces auteurs qui longtemps pourraient continuer leur chemin seul, dans une idée itinérante du cinéma qui leur appartient, qui appartient à leur histoire liée à l’exil. Mais dès lors que nous avons rencontré cette idée il ne peut nous satisfaire qu’elle n’advienne pas plus fortement au monde.
Comment, alors que nous sommes à la recherche de formes libres et innovantes de cinéma, pourrions-nous accepter que cela puisse se développer sans que nous nous y investissions. Comment pouvons-nous imaginer que notre travail de producteur lié à celui antérieur de distributeur en salle de cinéma ne tende pas à rendre compte de cette liberté, et de ce trajet d’un continent à l‘autre, forcé, contraint, et pourtant sans rancœur, sans règlement de compte, mais marquant indiscutablement le coup de l’histoire.
L’histoire d’un exode massif, celle de la capacité de notre société à le recevoir, avec amour, douceur, dissimulation, avec un ensemble de sentiments partagés.

"Le 2 décembre 1975, la République Démocratique et Populaire Lao est proclamée. C'est le début de l'exode. Mon départ eut lieu en janvier 1976. J'ai été adopté par une famille française du Creusot.
Trente ans plus tard, j’ai le sentiment que l’exil touche à son terme".


L'OEUVRE

© Kyié Simon Luang : Thaïlande 1976 - 7.2 Ko

© Kyié Simon Luang : Thaïlande 1976

Lorsque l'on est au sommet du Garlaban, on peut voir au loin toute la ville de Marseille enveloppée dans sa blancheur nacrée. Devant cette vision, j'ai eu le sentiment – en vérité une certitude – que mon voyage touchait à son terme. Ainsi naquit dans mon esprit le désir d'écrire le film "ICI FINIT L'EXIL".

Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un cycle intitulé « Journal du retour », commencé en 2004 et qui comprend, à ce jour, huit films : "L'île éphémère", "La terre rouge de l'enfance", "Journal du retour", "Le village de la chance", "La chambre", "The day before the day after", "Ma voix, ma vie", "Les offrandes musicales". Ces films ont été réalisés à partir d’images tournées avec des caméras vidéo empruntées à des touristes lors de mes précédents voyages au Laos, en janvier 2004 et février 2007.
Ces films que l'on dit "sauvages", parce que produits hors de toute structure, sont mes premiers. Ils m'ont permis de poser les bases d’un cinéma qui trouve sa source dans mon parcours personnel. Au temps de l'enfance, j'avais l'habitude de fréquenter une salle de cinéma que possédait mon oncle, le père des jeunes gens avec qui j'ai accompli le grand voyage qui m'a mené jusqu'en France. Dans cette salle familiale, on projetait des films de karaté en provenance de Hongkong et des comédies musicales indiennes. Au début de chaque séance, la photo du roi était projetée en même temps que retentissait l'hymne national. Pas de moquette, le sol était en terre battue. Il arrivait aussi qu'un cinéma ambulant vînt s'installer sur la grande place de notre quartier. Le drap tendu qui tenait lieu d'écran flottait au vent telle une voile de bateau. Parfois, lorsque je ne trouvais pas de place pour m'installer devant, je me plaçais de l'autre côté de l'écran de sorte que j'ai pu voir des films entiers à l'envers. Ces premiers souvenirs de spectateurs ont profondément nourri mes désirs de cinéma.

Trente années ont passé depuis que j'ai quitté ma famille et mon pays natal. Faire ce film sera l'occasion pour moi d'essayer de comprendre comment les événements ont pu s'enchaîner de manière aussi inéluctable.
Le sujet n'est pas d'actualité, mais il est de notre époque.
Mon geste artistique, tout en revendiquant sa singularité, veut affirmer mon appartenance à la vaste communauté des gens en exil. Aux tout premiers jours de notre arrivée en France, mes cousins et moi étions logés avec d'autres réfugiés dans un foyer de l'ASsociation pour la Protection de l'Enfance au Laos (ASPEL) devenue quelques années plus tard Les Enfants du Mékong. Je me revois explorant les lieux alentour en compagnie de mon cousin Pu-Phet quand, au détour d'une rue, nous tombons en arrêt devant l'apparition de la Tour Eiffel. Ce n'est qu'une image, somme toute ordinaire, mais elle me revient chaque fois que je refais mentalement le chemin parcouru. Et ces mots l'accompagnent dans la procession incertaine des souvenirs : Ici commence l'exil.

> DOUCEUR

Je me souviens, mon père m'a posé sur le porte-bagages de son vieux vélo et nous sommes partis. Difficile alors de parler de déchirement. C'est si doux de se laisser emmener ainsi par son père, en se servant de ses jambes d'enfant comme de balanciers. Les gens qui me questionnent sur mon histoire veulent entendre du drame, mais je n'ai à leur donner que la douceur des souvenirs. J'aimerais que l'écriture du film reste fidèle à cette douceur, et restitue dans toute son ampleur la sensation de l'espace.
Ce qui me reste des émotions du départ de mon village, c'est une grande joie, de celle que ressent immanquablement un enfant au début d'un voyage. Joie que je ressens aujourd'hui à écrire ces mots, dont j'aimerais qu'elle soit préservée dans le film à venir.

> LES SILENCES

Voici quelques années, j'ai vu une rivière s'extraire des entrailles de la ville de Bruxelles (le voûtement de la Senne a été réalisé au XIXe siècle pour lutter contre les épidémies) : cette vision restera toujours pour moi le symbole de ce que la mélancolie de l'exil peut engendrer de plus sombre et de plus endeuillé. Il est vrai que j'ai grandi dans la proximité du Mékong, fleuve de lumière et des grands espaces. Dès lors, le projet ICI FINIT L'EXIL peut se formuler de la manière suivante :c'est un cheminement de l'obscurité vers la lumière.

> ROAD MOVIE

Pendant longtemps, j'ai été obsédé par le désir de refaire tout mon parcours à l'envers : La Ciotat, Roquevaire, Marseille, Bruxelles, Paris, Aix-en-Provence, Le Creusot, Bangkok, Ubon, Nongkaï, Ban Hoa Khoa, Ban That Luang.
La litanie des noms des lieux dit précisément ceci : ICI FINIT L'EXIL sera un road movie.
Filer la métaphore du voyage : quand un spectateur a aimé un film, il dit spontanément que c'est un film qui l'a emmené loin.


LE CONTEXTE PAR RAPPORT A IPM

© Kyié Simon Luang : Laos 1994 - 9.1 Ko

© Kyié Simon Luang : Laos 1994

En France, mon parcours est exemplaire de ce qu’on appelle une intégration réussie : accueilli par une famille française, j’ai vécu une adolescence heureuse et ma scolarité s’est déroulée sans problème. A la fin de mes études d’arts plastiques, je suis devenu instituteur, profession que j’ai exercée pendant huit ans. En l’an 2000, je me suis mis en congé de l’éducation nationale pour me consacrer à l’écriture, à la photographie et au cinéma. A travers ces pratiques artistiques, j’ai développé une réflexion sur la condition de la vie en exil.
Le thème du retour s'est imposé à moi lorsque je me suis rendu compte que je ne pouvais pas aller plus loin dans le sens de l'exil : désormais, quelle que soit la direction que j'emprunterai, mes pas ne peuvent que me ramener vers mes origines. Ainsi en est-il du cinéma, du retour par excellence dans la mesure où il se fabrique avec et pour la mémoire des spectateurs.

C’est un récit de l’exil par un exilé. Le sujet n'est pas d'actualité, mais il est de notre époque. Aux tout premiers jours de notre arrivée en France, mes cousins et moi étions logés avec d'autres réfugiés dans un foyer de l'ASsociation pour la Protection de l'Enfance au Laos (ASPEL) devenue quelques années plus tard Les Enfants du Mékong. Je me explorant les lieux alentours en compagnie de mon cousin Pu-Phet quand, au détour d'une rue, nous tombons en arrêt devant l'apparition de la Tour Eiffel. Ce n'est qu'une image, somme toute ordinaire, mais elle me revient chaque fois que je refais mentalement le chemin parcouru. Et ces mots l'accompagnent dans la procession incertaine des souvenirs : Ici commence l'exil. Trente ans plus tard, il m’apparaît nécessaire de faire le bilan de notre histoire. Que sommes-nous devenus ? Quelle valeur a pour nous le fait de posséder un passeport français ? Que transmettre à nos enfants de notre culture d’origine ? Quel sens donner à la notion de communauté à travers des parcours de vie d’une grande diversité ? Quelle est la situation actuelle du Laos ? Comment envisager la question du retour ?


L'AGENDA

• Septembre 2007 / Avril 2008 : repérages en France et au Laos ; écriture du scénario.
• Mai 2008 / Janvier 2009 : tournages.
• Mars-Avril 2009 :
montage.

> 30 octobre 2008 à 18h30 : Rencontre avec Kiyé Simon Luang à l'occasion de la parution du livre "Ici finit l'exil" (Ed° Limitrophe, 2008, 15 €) animée par Frédéric Valabrègue, à la librairie Poivre d'Ane 12 Rue Frères Blanchard 13600 La Ciotat)

> 28 novembre et 2 décembre 2010 : Festival International du Film de Belfort

> 16 décembre 2010 : Manifestation "L'autre écran" à Paris

> Jeudi 3 mars 2011 : Maison Française de l'Université Columbia de New-York

> Entre le 5 et le 15 mai 2011 : le "Franska Filmfestivalen" de Stockholm

> 20 et 25 septembre 2011 : Festival Images de la diversité et de l'égalité, à Paris

 


 

LA FICHE TECHNIQUE

• Année de tournage : 2008-2009
• Durée / Running time : 90mn
• Producteur / Producer : SHELLAC SUD
• Format de tournage / Screenplay : 16mm / S8mm / DV
• Format de masterisation : 35mm
• Formats de diffusion : Film 35mm, vidéo beta SP
• Langue originale / Original language : français et laotien


LES CONTACTS

SHELLAC SUD
La Friche La Belle de Mai
41 rue Jobin
13003 Marseille
T. 33 4 95 04 95 92
F. 33 4 13 33 80 74
www.shellac-altern.org
shellac@altern.org
Contact production : Francine Cadet
francine@shellac-altern.org
icifinitexil.blogspot.com


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