Les héritages culturels régionaux via les formes artistiques

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Actualité IPM

EUPHONIA

DU 23 AU 18 FEVRIER 2009
DU MÉKONG À LA MÉDITERRANÉE
Femmes du Laos dans le Sud-est de la France
Un documentaire de Marine Richard en six parties. Mixage Tony Regnault
Diffusé sur Radio Grenouille (88.8 fm)

Une programmation, dans le cadre de Singulières (du 23 février au 1er mars 2009) : Grenouille explore le monde au féminin le temps d’une thématique spéciale, en rebond à la programmation Pluri(elles) du théâtre du Merlan, autour des femmes, de leurs danses et de leurs cultures... figures des mythes et légendes, cyberféministes version 2009, exilées, immigrées ou émigrées, lesbiennes de Marseille, travestis et femmes d’un jour, sorcières féministes, femmes des années 80...
Mais où sont les femmes ? Sur les ondes de la Grenouille, la dernière semaine de février, avec des chroniques à 9h10, des reportages à 14h30, des émissions spéciales à 15h, et des rendez vous en direct à partir de 17h, mais aussi le 8 mars, journée de la femme et le week-end du 14, 15 mars ! le tout enrobé d’une programmation musicale concoctée spécialement pour l’occasion !

Femmes du Laos qui avez déjà passé plus de trente ans de votre vie en France, j’ai voulu qu’on vous entende, loin des clichés coloniaux, avec votre accents mi-lao mi provençal, dérouler ce fil invisible qui vous relie encore à l’autre côté de la planète. Femmes qui avez une conscience étrangement précise de l’impact de la rencontre de votre culture d’origine avec l’Occident et qui savez que votre parcours personnel témoigne non seulement de celui de votre communauté tout entière, mais aussi des conséquences de la domination française en Asie du Sud-est.

Plus de trente ans après votre départ de votre pays d’origine, qu’êtes-vous devenues ? Comment vous êtes vous adaptées ? Quelle est votre vie aujourd’hui ? Quelle identité pour vos descendants ? Comment la mémoire collective élaborée en exil a-t-elle travaillé ?

- Episode 1 : Les boat people qui sont venus à pied
- Episode 2 : Soupe de macaronis au nam paa
- Episode 3 : Bouddha aurait-il su faire une omelette ?
- Episode 4 : Partout ou l’on va, on emmène ses ancêtres avec soi
- Episode 5 : Nos aïeux ont toujours raison, mais nous pouvons penser qu’ils ont tort
- Episode 6 : Mais nous aussi on a changé

En 1954, la France perdait sa guerre de décolonisation en Indochine. C’était le début de la guerre du Vietnam, qui opposerait le « Bloc de l’ouest » au « Bloc de l’est » de 1955 à 1975. On connaît les clichés américains de cette histoire, véhiculés à outrance par la machine hollywoodienne : des GI’s rampant dans la boue et faisant sauter des villages entiers d’innocents à coups de grenades et de napalm, et revenant au pays avec la psychose de guerre du vétéran, quand ils revenaient.

Cette guerre s’est officiellement déroulée au Vietnam, mais en réalité, c’est toute la péninsule indochinoise qui a été touchée par une guerre secrète qui ne dit toujours pas son nom. Ainsi, plus de deux millions de tonnes de bombes seront larguées sur le Laos entre 1964 et 1973 par l’armée américaine, soit la plus grande quantité par habitant jamais lâchées sur un pays.

La défaite des américains en Indochine verra le Pathet Lao (le parti communiste) s’installer au pouvoir au Laos en 1975, mettant fin au système monarchique. Dirigeants, fonctionnaires, intellectuels, agents de l’Occident recrutés par la CIA au sein des minorités ethniques... Des centaines de milliers de personnes ont alors fui le pays. Beaucoup, après un long périple, ont atterri en France. La mémoire collective s’en souvient sous le terme générique de « boat people », qui faisait référence aux Vietnamiens qui avaient dû fuir leur pays par voie maritime. Le Laos, quant à lui, n’a jamais eu d’accès à la mer. Et ses ressortissants sont donc partis à pied, traversant d’abord le Mékong pour se rendre en Thaïlande, puis, de là, dans différents pays d’accueil, dont la France.

Plus de trente ans après, la légendaire et mystérieuse Indochine n’est pas si loin dans les mémoires françaises. En témoignent encore l’une des sculptures du Grand Escalier de la gare Saint-Charles à Marseille, érigée dans les années 20. Livrée aux regards des métropolitains, une statue représentant une femme de type asiatique aux seins nus, entourée de produits exotiques et d’enfants. Une femme alanguie dans une « position allongée qui suggère moins la fécondité que la disponibilité passive des corps. Femmes colonisées, femmes offertes. », comme le relève justement Catherine MARAND-FOUQUET. Gravé dans le socle de cette statue, on peut lire la légende simple et révélatrice : « colonie d’Asie ».

Comment expliquer qu’aucun coup de burin, institutionnel ou clandestin ne soit encore venu effacer cette inscription, plus de cinquante ans après l’Indépendance officielle de l’Indochine ?

Son Asie, la France semble en avoir été fière, comme en ont témoigné les grandes expositions coloniales de 1906 et 1922 qui ont toutes les deux eu lieu à Marseille et qui comportaient pléthore d’attractions dites « asiatiques ». Au nombre desquelles une reconstitution des temples d’Angkor (joyau du patrimoine monumental khmer) et des balades en pousse-pousse conduits par d’authentiques Tonkinois. Certaines cartes postales de l’événement de 1906 ont fait fureur : un certain monsieur Raquez, photographe voyageur qui a eu son heure de gloire, présente, sans doute sans penser à mal, une ribambelle de portraits en buste de femmes laotiennes aux seins quasiment toujours nus, spécimens issus de différentes ethnies indochinoises qui seront exhibés aux yeux de l’Occident comme des propriétés pittoresques de l’Empire français. Un grand classique du colonialisme triomphant, ou comment le regard du blanc réifie la femme colonisée.

Femmes du Laos qui avez déjà passé plus de trente ans de votre vie en France, j’ai voulu qu’on vous entende, loin des clichés coloniaux, avec votre accents mi-lao mi provençal, dérouler ce fil invisible qui vous relie encore à l’autre côté de la planète. Femmes qui avez une conscience étrangement précise de l’impact de la rencontre de votre culture d’origine avec l’Occident et qui savez que votre parcours personnel témoigne non seulement de celui de votre communauté tout entière, mais aussi des conséquences de la domination française en Asie du Sud-est.

Plus de trente ans après votre départ de votre pays d’origine, qu’êtes-vous devenues ? Comment vous êtes vous adaptées ? Quelle est votre vie aujourd’hui ? Quelle identité pour vos descendants ? Comment la mémoire collective élaborée en exil a-t-elle travaillé ?


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